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10. La métaphore dans le discours spécialisé

Article
Publié : 12 novembre 2013

La métaphore dans le discours de vulgarisation scientifique français et italien : analyse de la rubrique « Nature & Environnement » et « Ambiente » de Sciences et Avenir et Focus


Alida Maria SILLETTI, Maître de Conférence en langue et traduction française, Università degli Studi di Bari “Aldo Moro” ,Faculté de Sciences Politiques, alida.silletti@uniba.it

Résumé

Cet article porte sur l’étude des « images métaphoriques » dans le discours de vulgarisation scientifique français et italien. Dans ce type de discours, la métaphore facilite le passage du discours-expression d’un spécialiste au discours-formulation du journaliste vulgarisateur (Jacobi 1985) et la lecture-compréhension du profane. Après avoir distingué discours scientifique et discours de vulgarisation, nous étudierons plus précisément la place de la métaphore dans le discours de vulgarisation scientifique, en nous fondant sur un corpus de textes tiré des rubriques « Nature & Environnement » et « Ambiente » (période : juillet-octobre 2012) de deux magazines électroniques de vulgarisation scientifique, français et italien : Science et Avenir et Focus. À partir des travaux de Loffler-Laurian (1984 ; 1994), Knudsen (2003) et Collombat (2003), nous proposerons une étude linguistique des métaphores dans les deux langues.

Abstract

This article deals with the study of metaphors in the scientific popular discourse about nature and environment in French and in Italian. In this type of discourse, metaphor facilitates the passage from the discourse-expression of a specialist to the discourse-formulation of a popular journalist (Jacobi 1985), as well as the reading-comprehension of the layman. We will first make a distinction between the scientific discourse and the scientific popular discourse; then, we will study metaphor in the scientific popular discourse in a corpus taken from the sections “Nature & Environnement” et “Ambiente” (period: July-October, 2012) of the French and Italian online magazines of scientific popularization Science et Avenir and Focus. Our analyses will be based on Loffler-Laurian (1984; 1994), Knudsen (2003) and Collombat (2003) studies of metaphor, from which we will propose a linguistic study of metaphors in both languages.


Table des matières

Texte intégral

La métaphore façonne nos vies, nos discours, nos expériences. Elle intéresse tous les niveaux de la construction langagière et son omniprésence se reflète sur une pluralité de positions et de théories à l’égard de son statut et de son fonctionnement. Aucun discours ne semble échapper au pouvoir métaphorique, du discours le plus ordinaire et quotidien aux discours les plus strictement scientifiques, en passant par tout « discours second brassant des discours premiers » (Reboul-Touré 1994 : 196-197). Ainsi, à côté de cette diffusion capillaire de la métaphore, est-il indéniable de remarquer que certains discours, aussi bien spécialisés que de vulgarisation, se prêtent plus que d’autres au recours à des procédés métaphoriques. C’est le cas, à notre avis, de la politique, de l’économie, des « sciences dures » et, plus récemment, de l’informatique, comme de nombreuses publications en la matière tant au niveau interlinguistique qu’intralinguistique en témoignent (entre autres, Knudsen 2003 ; Nicaise 2011 ; Humbley 2005 ; Meyer v.d. 1998 ; Collombat 2003 ; Loffler-Laurian 1994). Le paroxysme de la métaphore dans ces domaines, qui représentent autant de sujets de stricte actualité, ne doit cependant pas faire sous-estimer le rôle de la métaphore dans d’autres types de discours, dont celui qui concerne l’environnement.

Cet article se propose d’examiner la reformulation métaphorique du discours scientifique, généralement opérée par un journaliste de vulgarisation qui s’adresse à un public potentiel de non experts. En particulier, nous nous intéresserons au domaine de l’environnement tel qu’il est traité au sein de la presse de vulgarisation scientifique française et italienne. Nous identifierons et encadrerons la reformulation métaphorique à partir des rubriques « Nature & Environnement / Ambiente » de Sciences et avenir et Focus. Les textes seront tirés de l’édition en ligne des deux magazines et n’auront trait qu’aux articles et interviews parus dans les susdites rubriques entre juillet et octobre 2012.

Suite à la distinction entre discours scientifique et discours de vulgarisation scientifique, nous citerons les principales stratégies de reformulation de l’article de vulgarisation scientifique selon Loffler-Laurian (1984), à l’intérieur desquelles nous insérerons la métaphore. Nous présenterons, à ce propos, quelques approches théoriques et empiriques vis-à-vis de la métaphore dans le discours scientifique et de vulgarisation. C’est notamment à partir de celles-ci que sera développée l’analyse de notre corpus, dont nous fournirons les caractéristiques et présenterons les pistes d’analyse quanti-qualitative. Ensuite, la recherche et l’examen des métaphores du corpus seront suivis d’une discussion et des remarques conclusives.

Un discours scientifique est une communication d’un spécialiste envers d’autres spécialistes (Jacobi 1984), donc une communication entre pairs. Pour que cette communication se réalise et soit comprise par ses destinataires, l’auteur devra s’engager dans un travail de reformulation d’un objet-source A – la science –, à un objet-cible B – le discours scientifique – (Peytard 1984 :18), à l’intérieur duquel se réalise une « mise en parole » de la science. La reformulation est donc essentielle dans le discours scientifique, dans la mesure où c’est « le résultat du travail sur toute information afin de l’adapter à un destinataire précis et en fonction d’une action déterminée » (Petroff 1984 : 53).

Jacobi remarque également que, en dehors du discours scientifique, « [t]out autre discours à prétention scientifique sera reformulation […] qui se content[e] de paraphraser, reformuler et traduire [le] premier »  (Jacobi, 1985 : 1). Or, si la reformulation de la science au discours scientifique permet de « traduire » en langue ce qui est à l’origine représenté par des formules et des symboles, la reformulation telle qu’on la concevra dans ce travail porte sur un autre type de « traduction ». Son destinataire n’est plus la communauté scientifique, mais l’ensemble des lecteurs qui pourraient être intéressés à la lecture du texte scientifique, rédigé par un vulgarisateur. Celui-ci, sorte de « troisième homme » (Moles v.d. 1967), « dialogue [avec] […] le scientifique, avec son discours et ses termes spécialisés et le lecteur évoluant dans une autre sphère discursive avec des mots courants » (Reboul-Touré 2004 : 197). Il s’ensuit que, dans le cas du DVS, toute formulation est une reformulation du DS, à la fois reformulation de la science. La complexité de la vulgarisation scientifique, qui est un discours toujours second par rapport à un discours premier, réside ainsi dans son statut souple, qui « se situe au sein d’une nébuleuse où se distinguent […] trois pôles : l’information, l’éducation non formelle et le champ scientifique » (Jacobi v.d. 1988 : 87). Afin que la formulation-reformulation du vulgarisateur arrive au public des lecteurs, généralement identifié par un lecteur passionné par la science, le premier se sert de plusieurs procédés ad hoc visant à captiver l’attention du second et à lui permettre d’accéder au contenu du message scientifique vulgarisé. Loffler-Laurian (1984) identifie quatre procédés typiques de l’article de vulgarisation scientifique : la référence à des travaux antérieurs, à de nouvelles découvertes, à une situation externe et au questionnement du lecteur. En amont, tous ces procédés contribuent à la définition de termes et unités terminologiques. L’identification de ces procédés représentera le point de départ pour notre analyse de la métaphore. En particulier, nous estimons que la métaphore joue un rôle d’« adjuvant » dans la formulation et, ensuite, dans la compréhension d’une définition scientifique : de par ses propriétés, elle peut rentrer au sein du troisième procédé de Loffler-Laurian (1984). En effet, le renvoi à une situation externe permet de stimuler et de faciliter la compréhension du lecteur par des éléments familiers, où notamment la terminologie scientifique cède le pas à un langage ordinaire. C’est ainsi que, parmi les types d’outils permettant au vulgarisateur de s’approcher de son public, une place essentielle est occupée par la métaphore.

La métaphore peut être étudiée de plusieurs points de vue et en faisant référence à plusieurs approches. En ce qui nous concerne, notre traitement de la métaphore sera essentiellement linguistique, visant tout d’abord à examiner son emploi dans le DS et dans le DVS.

Knudsen (2003) observe que, aussi bien dans la vie quotidienne que dans le domaine scientifique, le raisonnement est influencé par l’emploi des métaphores. Bien évidemment, le développement et l’emploi des métaphores varient d’une situation de communication à l’autre. Dans le DS, la métaphore scientifique est strictement ancrée à la discipline dans laquelle elle est insérée, au point que le sens qu’on lui attribue change dans le temps d’un DS à un autre (Jamet 2003). Ce type de métaphore contribue à exprimer, par la langue, une théorie scientifique ou à construire des idées et des hypothèses sur la science. Si elle reçoit le consensus de la communauté scientifique, elle perdra son statut de métaphore pour être considérée comme tout autre concept scientifique, notamment une technique de création terminologique (Humbley 2005 ; Knudsen 2003). D’où ce que Boyd (1993, cité par Knudsen 2003 et repris par Humbley 2005) identifie par « theory constructive metaphors », qu’il distingue des « exegetical or pedagogical metaphors » (Boyd 1993, cité par Knudsen 2003). Contrairement aux premières, les métaphores pédagogiques ne visent qu’à expliquer le phénomène scientifique et peuvent, pour cela, être paraphrasées. Bien que les deux types de métaphores puissent figurer aussi bien dans le DS que dans le DVS, quand une métaphore entre dans un texte de vulgarisation, elle tend à perdre son statut de concept scientifique.  

Les études sur la métaphore dans le DS et dans le DVS (entre autres, Loffler-Laurian 1994 ; Jamet 2003) s’interrogent également sur la « scientificité » et l’objectivité des métaphores dans le document scientifique même. En particulier, l’emploi d’une métaphore n’est jamais neutre, « car la science a […] besoin d’une phase rationnelle, que ne peut lui donner la métaphore, puisqu’elle est tout le contraire » (Schlanger 1971 : 30, cité par Jamet 2003 : 32). Donc, au-delà des métaphores constitutives d’une théorie, nous avons généralement affaire à un réflexe de la pensée de l’auteur-vulgarisateur, qui choisit de se servir de cette image pour rendre son savoir plus accessible à son public (Loffler-Laurian 1994).

Les métaphores du discours scientifique pour profanes seront toutes caractérisées par une confrontation, par voie directe ou implicite, entre le comparé – terme de la science, et le comparant – qui ressortit à la langue commune (Jacobi 1999). Pour les buts de cette étude, nous présenterons par la suite la démarche d’identification et d’analyse des métaphores qui nous semble la plus appropriée pour examiner notre corpus.

L’étude des métaphores dans le DVS sera appliquée à un corpus comparable de vulgarisation scientifique français et italien. Plusieurs recherches portent sur l’analyse des métaphores du DVS au niveau multilingue (dont Meyer v.d. 1998) et contrastif - de traduction des métaphores terminologiques (Collombat 2003 ; Humbley 2005). Pour ce qui nous concerne, notre corpus ne présente pas de textes traduits, mais il est possible que les textes portent sur le même sujet. En effet, nous avons choisi de nous appuyer sur deux magazines traitant de science pour un public de non-experts : Sciences et avenir et Focus, notamment leur rubrique « Nature & Environnement » et « Ambiente ». Le corpus a été recueilli à partir de l’édition en ligne des deux magazines et se compose des textes (articles et quelques interviews) parus entre juillet et octobre 2012. Les deux rubriques susmentionnées présentent également des vidéos et des images, généralement assortis des commentaires des journalistes. Or, nous avons décidé de nous limiter aux textes dont le premier but est celui de renseigner le public par des informations tout d’abord graphiques, là où les images contribuent au DVS, mais n’en sont pas le pivot. Les textes français recueillis sont au total 53, alors que les textes italiens sont 62. Nous avons également procédé à une répartition des textes par sujet, dans la mesure où l’identification et l’analyse des métaphores seront présentées par domaine :

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Tableau 1 : les textes du corpus et leur répartition

Comme le montre le Tab. 1, une bonne partie des articles (environ 65 %) concerne des mesures de protection de l’environnement et du monde animal et végétal. À ce propos, la rubrique italienne comprend des blogs, dont nous n’avons retenu que les textes parus pendant la période choisie1. En particulier, le blog le plus important en termes de textes recueillis s’appelle « Effetto Terra » : comme son nom l’indique, il concerne « la vita, le storie, il palpito del nostro Pianeta, la Terra. L’unico pianeta che, ad oggi, conosciamo possedere una vita intelligente »2 (tiré de la présentation au blog, <http://blog.focus.it/effetto-terra/>). La présence de ce blog portant sur la Terre peut donc expliquer non seulement le nombre de textes italiens consacrés à la protection de l’environnement, mais aussi la proportion de textes des autres sections, et plus en détail de ceux qui concernent la faune et la flore. En revanche, les textes retenus pour le magazine français ne comportent aucun blog : par conséquent, si l’on considère que les trois dernières répartitions relèvent toutes de l’environnement et de sa protection, le nombre des textes dédiés à ce sujet (27) et celui des textes dédiés au monde animal et végétal sont presque équivalents (26).  

Quant aux auteurs des textes, sauf dans le cas du susdit blog italien, rédigé par le géologue italien Luigi Bignami, dans les autres cas nous avons généralement affaire à des journalistes-vulgarisateurs. Ces derniers sont devenus spécialistes d’un domaine et se chargent de le transmettre à un public de quasi-néophytes (on peut supposer que la plupart des usagers de ces magazines montrent un certain intérêt envers les sujets traités et en possèdent, donc, quelques connaissances).

Dans le domaine de l’environnement, l’intérêt des spécialistes est de plus en plus grand et le nombre de plus en plus élevé de publications liées aux préoccupations visant les changements climatiques et la recherche de remèdes pour protéger l’environnement le démontre. Cependant, les études sur la métaphore dans ces types de discours, aussi bien spécialisés que de vulgarisation, ne nous semblent pas encore très abondantes (à notre connaissance, Ly (2011) analyse le rôle des métaphores du climat et du changement climatique au sein du discours politique).

Loffler-Laurian (1994) considère la métaphore comme « toute image visuelle, toute comparaison, exprimée linguistiquement, tout glissement d’un concept à l’autre, tout déplacement sémantique » (Loffler-Laurian 1994 : 72). Cette conception large de la métaphore s’oppose à l’approche, entre autres, de Collombat (2003) : à partir de Jacobi (1999) et de Lakoff et Johnson (1985), elle distingue de manière ponctuelle les figures de la comparaison,  de la métaphore, à la fois divisée en métaphore in absentia et in præsentia, et de l’analogie. Elle propose de réunir les trois figures sous l’étiquette plus générale d’« image ». Malgré le bien-fondé des deux approches, nous avons décidé de nous servir pour notre analyse du modèle de Collombat (2003). Cependant, pour nous référer à ces phénomènes conceptuels, nous adopterons une dénomination combinant « image »  et « métaphore », notamment « images métaphoriques ». Le point commun entre les images métaphoriques de la comparaison, de la métaphore et de l’analogie consiste en la présence d’un comparant issu de l’expérience humaine et d’un comparé relevant du domaine scientifique. Or, pour reprendre le classement de Collombat (2003), que nous reformulons dans le Tableau 2, voici les traits qui distinguent chacune de ces figures3 :

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 Tableau 2 : les images métaphoriques

Nous distinguerons également les images métaphoriques constitutives du discours scientifique, cœur d’une théorie, des images métaphoriques explicatives, qui peuvent être paraphrasées, qui présentent un savoir méta-scientifique et qui « servent à illustrer des propos non scientifiques se trouvant dans les articles analysés » (Collombat, 2003 : 47).

En nous inspirant du classement des images proposés par Collombat (2003), nous analyserons les images métaphoriques d’un point de vue sémantique, notamment en identifiant pour chaque image métaphorique le domaine d’où elle a été (arbitrairement) tirée, et morphosyntaxique, c’est-à-dire en mettant en évidence la catégorie grammaticale de l’image métaphorique. À ce propos, si l’élément métaphorique est, respectivement, un nom, un adjectif, un verbe ou un adverbe, nous considèrerons ces images métaphoriques comme nominales, adjectivales, verbales, adverbiales. Lorsque, en revanche, c’est toute une expression qui représente l’image métaphorique, nous nous y réfèrerons plus simplement en tant qu’expression métaphorique. Pour ce qui est, au contraire, de la catégorie référentielle des comparants, nous n’identifierons que quelques macro-domaines clés : la vie domestique et sociale, qualifiée de « vie quotidienne » ; la référence au domaine humain pour le domaine animal/végétal/naturel et vice-versa, notamment l’« anthropomorphisme », et son contraire, la « réification » (Collombat 2003) ; l’« alimentation » ; le « sport » ; la « guerre » ; toutes les activités qui sont le propre de l’être humain, dénommées « activités humaines », composées à la fois de macro-sujets, dont, à titre d’exemple, l’économie ; les emprunts à d’autres sciences, comme la physique et la chimie.

L’identification des images métaphoriques sera opérée à partir des dictionnaires monolingues le Petit Robert 2013 et lo Zingarelli 2013, mais aussi de recherches en ligne, en utilisant donc le web comme corpus.

Enfin, nous garderons la répartition des textes que nous avons proposée dans le Tab. 1, de manière à pouvoir rattacher les images métaphoriques du français et de l’italien à des macro-sujets et à les comparer dans les deux langues. Les métaphores présentant plusieurs occurrences dans le même texte ne seront analysées qu’une fois, notamment à leur première apparition dans un texte donné.

De l’analyse quantitative il ressort que ces procédés sont employés dans 572 cas4 comme images métaphoriques, dont 227 cas dans le corpus français, 345 dans le corpus italien. Un nombre plus élevé de textes correspond (mais cela n’était pas pris en compte) à un nombre plus élevé de cas d’IM, et vice-versa. Dans le Tab. 3, nous fournissons une synthèse des résultats quantitatifs du dépouillement du corpus par langue et par type d’IM :

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 Tableau 3 : analyse quantitative du corpus par IM

Les métaphores ont le dessus sur les deux autres IM – que, cependant, nous n’analyserons pas dans la présente étude – aussi bien en français qu’en italien. Cet énorme décalage peut s’expliquer par l’immédiateté de la métaphore du point de vue conceptuel et morphosyntaxique, que les deux autres IM, nécessairement précédées d’un terme introducteur, ne véhiculent pas de manière si rapide. En outre, de par la métaphore, le vulgarisateur sait que le lecteur devrait être en mesure d’identifier le lien entre le comparant et le comparé, alors que dans le cas de la comparaison et de l’analogie, ce processus inférentiel n’est pas activé. Ainsi pourrait-on avancer que, dans le DVS, l’auteur utilise comme IM privilégiée la métaphore, de par sa saillance conceptuelle, mais que, s’il pense que la portée de son dire peut résulter opaque ou difficile à saisir, il « aide » le lecteur non-expert en lui fournissant, par l’analogie ou la comparaison, la clé pour accéder au savoir scientifique. C’est le cas des exemples suivants tirés de notre corpus : (1) contient une métaphore, (2) une comparaison et (3) est un exemple d’analogie :

(1) Un scénario tragique qui frappe… les mouches. Les sons que font ces insectes lorsqu’ils copulent augmentent considérablement leur risque de servir de dîner aux chauve-souris, selon une étude publiée mardi dans la revue Current Biology. (SA5, 25-07-12)

(2)L’animal [une femelle orang-outan] avait récemment acquis la célébrité sur les sites de partage de vidéos où on le voyait tirer sur une cigarette à bout filtre telle une fumeuse invétérée. (SA, 30-09-12)

(3)[…] in Italia vanno sprecate ogni anno 10 milioni di tonnellate di cibo, quanto basterebbe per garantire l’alimentazione di 44 milioni di persone. (Fo6, 14-08-12).

Dans les sections suivantes, nous présenterons les résultats de notre examen des IM dans les deux langues, en nous limitant à l’étude de certains aspects liés à la métaphore dans les textes du corpus.

Comme nous venons de le remarquer, les métaphores représentent les IM les plus fréquemment employées dans le DVS sur l’environnement en français et en italien. Cette constatation est valable pour chaque sous-domaine identifié au sein des deux rubriques « Nature & Environnement » et « Ambiente » :

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Tableau 4 : fréquence des métaphores par sous-domaine (note : entre parenthèses les nombre total de métaphores par domaine)

Quant à la catégorie référentielle de la métaphore, nous avons surtout affaire, aussi bien en français qu’en italien, à des métaphores liées à l’anthropomorphisme, dont les cas les plus fréquents concernent des animaux aux caractéristiques humaines, comme c’est le cas de (4) et de (5) :   

(4) Dalle analisi degli scienziati è emerso che il ragno gambalunga […] si è evoluto indipendentemente da altre specie, arrivando a costituire un unico lignaggio. I suoi parenti più prossimi potrebbero essere i piccoli ragni tropicali della famiglia delle Oonopidae […]. (Fo, 04-09-12)

(5) 50 kilos : le gros bébé Goliah est né [on parle de rhinocéros] (SA, 05-10-12, titre).

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Tableau 5 : présence de métaphores anthropomorphiques par sous-domaine (note : entre parenthèses les nombre total de métaphores par domaine)

Pour ce qui concerne, en revanche, la catégorie grammaticale des métaphores, dans la plupart des cas les métaphores sont formées par des expressions métaphoriques, généralement composées d’un groupe nominal (4 ; 5) ou d’un groupe verbal (6), voire d’une proposition (7), mais aussi de noms (1) ou de verbes isolés (8). On peut également trouver des adjectifs métaphoriques (9) :

(6) Équipant près de 60% du parc automobile français, […] "le moteur diesel tue, rend malade et coute cher", a dénoncé Benoît Hartmann […]. (SA, 06-07-12).

(7) La France se classe au 18ème rang avec un indice de 66 sur 100 – la Polynésie française est classée à part et se place en 6ème position, à égalité avec l’Estonie […] (SA17-08-12).

(8) Sandy : la tempête-catastrophe FrankenStorm s’invite pour Halloween (SA, 29-10-12, titre)

(9) Il terribile crostaceo d’acqua salata […] ha infatti una strategia predatoria piuttosto "manesca" […]. (Fo, 04-10-12).

Nous fournissons, à titre d’exemple, le tableau de la répartition des noms et des expressions métaphoriques dans le corpus :

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Tableau 6 : présence de noms métaphoriques par sous-domaine (note : entre parenthèses les nombre total de métaphores par domaine)

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Tableau 7 : présence d’expressions métaphoriques par sous-domaine (note : entre parenthèses les nombre total de métaphores par domaine)

Comme il résulte de (6) et de (7), il est possible que les métaphores s’enchaînent et soient réalisées autour du même domaine référentiel, qui est dans (6) une entité à l’origine de la maladie, voire de la mort de ceux qui, directement ou indirectement, s’en servent ; dans (7) le sport, notamment le classement des équipes, par exemple, de football ou de rugby. Des cas de métaphores filées sont assez fréquents dans notre corpus et dénotent, à notre avis, la volonté du journaliste-vulgarisateur de mettre en rapport une réalité « scientifique », notamment celle du comparé, avec une réalité « tangible » pour le lecteur, celle du comparant. À ce propos, il est intéressant de remarquer que l’article de (7), qui porte sur la santé des océans et sur un indice récemment conçu pour la mesurer figure également dans la rubrique italienne. Tout comme dans SA, l’auteur de l’article de Fo se sert d’une métaphore filée pour opérer une comparaison implicite entre l’indice de la santé des océans à partir du score moyen de 60 sur 100 et une réalité plus proche des lecteurs. Or, il se trouve qu’en Italie 60 sur 100 est le score moyen minimum du baccalauréat : ainsi l’auteur se réfère-t-il à ce domaine appartenant à la vie quotidienne et construit tout le long du texte une métaphore filée autour de ce domaine. Cependant, l’auteur sait que, en lisant 60/100, un lecteur italien pensera au baccalauréat : c’est pourquoi en tout début d’article il tient à préciser que les chiffres présentés ne sont pas liés au domaine scolaire, mais aux mers :

(10)Voto ai mari del mondo : 60/100

Sessanta su cento. No, non è il voto dell’esame di maturità, bensì il voto medio dello stato di salute dei mari […]. (Fo, 16-08-12).

D’un point de vue plus strictement lié à l’emploi des métaphores par domaine, en termes généraux, aucune métaphore du français n’est constitutive d’une théorie scientifique. Ainsi le but de ce procédé dans le DVS français sur l’environnement est-il surtout celui de renseigner, d’expliquer, d’illustrer la science par des images strictement apparentées aux attitudes des êtres humains : non seulement l’anthropomorphisme y est la catégorie référentielle la plus représentée, mais même dans les cas où ce n’est pas cette catégorie qui reflète des comportements humains, nous avons affaire à toute une autre série de domaines référentiels qui ont l’homme comme pivot. C’est le cas d’expériences liées à la vie quotidienne des humains, comme dans l’extrait (11), où duo fait immédiatement penser à la musique, mais fait référence en fait à deux ingénieurs qui ont mené un projet commun, ainsi qu'à des activités qui sont le propre des êtres humains, comme le sport (7) :

 (11)Tous ces anonymes […] le duo les a appelé les "pluggers". (SA, 14-09-2012).

En revanche, bien que très rarement, l’italien se sert de métaphores constitutives d’une théorie. Dans ces cas, qui ne sont toutefois que deux, les auteurs se servent des guillemets pour isoler du reste du texte l’élément ou l’expression employés pour véhiculer un concept scientifique, qui est généralement expliqué, parfois même à l’aide d’autres métaphores, de comparaisons ou d’analogies, mais cette fois-ci explicatives, au sein du même texte.  

(12) Caldo bestiale : la colpa è della "gobba del dromedario" (Fo, 20-08-12, titre)

Le titre de (12) ne fait pas exactement comprendre le sens de l’expression entre guillemets. C’est seulement la lecture de l’article, notamment le deuxième paragraphe, qui présente le phénomène naturel dont on fait état et qui se termine par le nom attribué au susdit phénomène :

(13) Nell’atmosfera tuttavia nulla è stabile al 100% e dunque anche questo anticiclone può spostarsi e talora può espandersi verso nord fino a raggiungere le coste del Mediterraneo. A volte, però, può entrare nel Mediterraneo stesso e salire verso l’Europa meridionale ed eccezionalmente arrivare all’Europa centrale. Questo si verifica quando si viene a creare una bassa pressione tra le isole Canarie, il Marocco e la penisola iberica. Una situazione che determina una specie di spremitura dell’alta pressione, che forma così una specie di gobba verso l’Europa, da qui il nome di “gobba del dromedario”. (Fo, 20-08-12, titre)

Ainsi l’image de la “gobba del dromedario” est-elle expliquée de manière extrêmement simplifiée. Cet article rédigé par le géologue Luigi Bignami met en évidence tout le travail accompli par le scientifique-vulgarisateur : plusieurs IM, dont deux analogies, entrent en jeu dans le but de permettre à tout lecteur de comprendre le fonctionnement d’un phénomène scientifique qui a eu des retombées importantes sur l’Italie. Résultat : non seulement par l’image même du dromadaire, mais également par l’explication qui est si clairement fournie, le savoir scientifique est parfaitement vulgarisé et devient donc aisément accessible.

Enfin, relativement à l’emploi des guillemets, nous avons constaté qu'il est beaucoup plus répandu en italien qu’en français. Si, en effet, les IM de la rubrique française ne sont presque jamais signalées, mais entrent dans le texte comme éléments parfaitement « camouflés », les auteurs italiens ont recours beaucoup plus fréquemment à ces signes graphiques pour introduire les IM (9, 12, 13). Il nous semble alors qu’il y a la volonté non seulement de « mettre en garde » le lecteur à propos d’un élément que celui-ci pourrait percevoir comme étranger au sujet traité, mais surtout que les auteurs eux-mêmes perçoivent l’étrangeté de l’élément ou de l’expression qu’ils ont créés. Par conséquent, de par la présence ou l’absence des guillemets, sans doute la lecture du texte français résulte-t-elle plus « naturelle », en activant également un processus inférentiel continuel de la part du lecteur. En revanche, en italien la lecture « visuelle » du texte sera immédiatement influencée par des éléments que,  non signalés, le lecteur pourrait peut-être percevoir comme « forcés » du point de vue référentiel. (note : entre parenthèses les nombre total de métaphores par domaine)

Cette étude ne constitue qu’un point de départ pour notre ambition d’étudier les IM dans le DVS français et italien. En effet, nous nous sommes concentrés sur un examen de la métaphore d’un point de vue strictement linguistique et nous sommes conscients que ce type d’analyse n’a pas pu être accompli de manière exhaustive. Les difficultés qui tiennent à cette entreprise dépendent de la complexité, tout comme de la richesse et de la fascination d’un tel phénomène.

Le choix du DVS sur l’environnement s’est révélé intéressant à plusieurs égards : l’écriture des journalistes vulgarisateurs français et italiens est largement influencée par leur cible, représentée par le lecteur moyen, certainement passionné par la science mais sans doute non expert, qui a besoin d’être plusieurs fois « rassuré » sur les contenus scientifiques. De par les types d’IM relevées, s’ils le peuvent, il nous semble que les journalistes ont tendance à éviter d’employer dans leurs textes des notions strictement scientifiques7 pour les remplacer par des expressions relevant d’une langue simple et aisément accessible.

A partir des types d’IM employées dans les textes recueillis, il résulte que les métaphores sont de loin les images les plus représentées, au-delà du sujet des textes. Ainsi, dans tous les sous-domaines de l’environnement identifiés, les métaphores apparaissent-elles en vue d’une « simplification conceptuelle » pour le destinataire du texte, mais aussi pour secourir le vulgarisateur qui les adapte à son dire semi-scientifique. Pour mieux s’approcher du public, les métaphores sollicitent des savoirs déjà acquis des lecteurs, qu’ils ont souvent expérimentés dans leur vie quotidienne. C’est pourquoi on tend surtout à attribuer à tout ce qui n’est pas un être humain, y compris les êtres animés et inanimés, les caractéristiques qui sont le propre de l’homme. Ainsi apparaît-il « normal » de faire semblant que les animaux soient dotés des mêmes traits que les humains. Par exemple, dans (9) on nous présente un crustacé qui frappe ses proies avec ses… mains ; dans (14), les habitudes alimentaires des chauve-souris sont implicitement comparées à celles des hommes, qui choisissent, parmi plusieurs mets, leur menu préféré :

(14) […] le sexe tue. Au moins dans le cas des mouches domestiques, menu préféré d’une colonie de chauve-souris du genre murin de Natterer perchées au plafond de l’étable. (SA, 25-07-12).

De même, les phénomènes naturels ou les artefacts produits par l’homme deviennent les protagonistes – acteurs ou victimes, selon les cas –  d’autres événements qui intéressent la Terre. La "gobba del dromedario" de (12) est à ce propos responsable de la chaleur estivale qui a frappé l’Italie pendant l’été 2012 ; dans (6), c’est au moteur Diesel de provoquer des maladies et la mort de ses usagers ; dans (8), en revanche, la tempête-catastrophe FrankenStorm qui s’est abattue sur certaines régions des États-Unis à la fin d’octobre 2012 devient l’invitée de la fête d’Halloween.

Les catégories référentielles des métaphores présentées relèvent surtout de l’anthropomorphisme, qui intéresse le monde animal, végétal, voire inanimé. En particulier, les textes du blog italien « Effetto Terra » ont mis en évidence que la Terre devient un être humain capable d’éprouver des émotions et d’être frappé par les événements qui le touchent, exactement comme un individu doté d’une âme. À ce propos, il n’est pas rare que des métaphores filées apparaissent tout au long d’un même texte, de manière à ce que l’image premièrement introduite par le vulgarisateur se consolide et s’enrichisse de détails supplémentaires tout au long du texte.

Quant aux catégories grammaticales des IM, nous n’avons présenté que les tableaux concernant les métaphores nominales et les expressions métaphoriques, qui, avec les métaphores verbales, sont les plus fréquentes dans notre corpus.

Enfin, nous avons constaté que les métaphores relevées ne sont que très rarement constitutives d’une théorie, mais qu’elles ont plutôt un but didactique : la métaphore est là pour expliquer, pour illustrer, bref, pour « dire » plus simplement et pour se faire aisément « comprendre ». Plusieurs raisons pourraient être à l’origine de ce phénomène, comme la volonté éditoriale des deux magazines, ou un choix personnel des vulgarisateurs-auteurs des textes recueillis, ou encore le type de DVS. En plus, il est évident que les remarques que nous avons présentées ne sont que le résultat des régularités de notre corpus, limité aussi bien dans le temps que par les magazines et les domaines d’étude choisis.

Pour terminer, ce travail n’a pas la prétention d’avoir entièrement analysé la métaphore, ni d’un point de vue théorique, ni même en ce qui concerne l’analyse empirique que nous avons conduite. Il ne s’agit en effet que d’un premier aperçu qui jette cependant les bases pour plusieurs pistes d’analyses futures de la métaphore et, plus généralement, des images métaphoriques dans le discours de vulgarisation scientifique de l’environnement en français et en italien.



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Notes de bas de page


1 À l’exclusion des commentaires aux textes du blog.
2 Voici donc déjà une première métaphore concevant la Terre comme un être humain rationnel, doté d’une mémoire, d’un cœur, d’un esprit.
3 Contrairement à Collombat (2003), nous n’opèrerons cependant pas la distinction entre la métaphore in præsentia et la métaphore in absentia.
4 Nous parlons de cas et non pas d’occurrences, étant donné que nous ne répertorions qu’une fois une image apparaissant plusieurs fois dans le même texte et jouant le même rôle sémantique et morphosyntaxique.
5 SA : Sciences et Avenir.
6 Fo : Focus.
7 En fait, cette tendance pourrait être également liée à des exigences de la rédaction, qui impose à ses journalistes de se servir de ou d’éviter un certain nombre de technicismes, par exemple en les remplaçant par des expressions également efficaces, mais d’emploi commun. Il ne s’agit cependant que d’une inférence de notre part, cet aspect n’ayant pas été vérifié auprès des rédactions des deux magazines.



Pour citer cet article


SILLETTI Alida Maria. La métaphore dans le discours de vulgarisation scientifique français et italien : analyse de la rubrique « Nature & Environnement » et « Ambiente » de Sciences et Avenir et Focus. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 10. La métaphore dans le discours spécialisé, 12 novembre 2013. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=3182. ISSN 1308-8378.




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Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378