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12. Sens et identités en construction : dynamiques des représentations : 1er volet

Article
Publié : 31 janvier 2014

Le sens de l’Être contre la signification du Soi : la représentation comme outil identitaire


Khalifa BABA HOUARI, Académie de Méknès / Maroc, kababama@gmail.com

Résumé

Un brassage entre quatre champs des sciences humaines (sémantique, sémiologie, psychologie et sociologie) permet de voir comment l’Etre est un multiple, comme c’est le cas pour le sens, qui réunit un ensemble de Soi, se réalisant chacun comme une signification.

La représentation est une idée psychologique qui se fonde/fend dans le sociologique. En tant qu’idée, elle est un concept sémantique avant d’être une réalisation psycho-sociologique. Et, puisque aucun sens ne peut se réaliser en dehors du langage, et particulièrement d’une langue, nous considérons qu’il y a une relation dialectique entre la langue et la représentation du Soi en tant qu’individu particulier (psychologique) puis en tant qu’individu social (sociologique) avant de se considérer comme Etre s’ouvrant sur un universalisme qui est récupéré par le langage, faculté humaine.

L’identité culturelle est une identité sémantique : elle est véhiculé par le sens et le langage.

Abstract

A brewing between four fields of the humanities (semantics, semiotics, psychology and sociology) shows how Being is a multiple, as it is the case for meaning which joins a set of Selves, each realised as a significance.

Representation is a psychological idea which is based / splits in the sociological one. As an idea, it is a semantic concept before being a psycho-sociological achievement. And since no meaning can be achieved outside language, we consider that there is a dialectical relationship between language and the representation of the Self as a particular individual (psychological) and then as a social individual (sociological) before to be considered as a Being opened on a universalism which is recovered by language, a human faculty.

Cultural identity is a semantic identity ; it is conveyed by meaning and language.


Table des matières

Texte intégral

À Driss Ait Zemzami

En traçant un parcours entre quatre sciences modernes (elles le sont parce que seulement officialisées à partir du dix-neuvième siècle) nous y trouverons non seulement une continuité, mais aussi une certaine complémentarité que nous nous plaisons d’appeler une « complicité structurelle et structurale ». Il s’agit de la sémantique, de la sémiologie, de la psychologie et de la sociologie. Leur présentation et leur classement correspondent à un ordre décroissant allant de la plus moderne à la plus ancienne. Ce sont au niveau académique des « sciences humaines ». Leur relation, et leur rapport à la philosophie (« la mère des sciences ») iront dans le sens inverse du premier. Nous les considérons par rapport à la philosophie parce que dans cette étude nous leur trouvons une relation descriptive et explicative de la question de l’Etre et du Soi qui constitue le sujet de l’ontologie.

Une science voit le jour pour répondre à des questions se rattachant à la vie de L’Homme dans des domaines différents une fois que celles existantes avant elle ne peuvent plus donner les réponses attendues ou ne sont plus suffisantes ni satisfaisantes, sans pour autant effacer ou détruire celles qui la précèdent. Mais il faut savoir qu’une science prise dans sa « solitude épistémologique » ne peut offrir toutes les réponses escomptées. Nous voulons nous mettre dans une perspectives transdisciplinaire, interdisciplinaire et pluridisciplinaire sans pour autant marquer de retour à la conception holiste, en mettant ensemble et dans la même perspective de recherche ces quatre sciences pour répondre à la question de l’Etre, du Soi, de la représentation et de l’identité personnelle et collective.

En parlant de l’Etre, nous sommes toujours dans l’obligation de faire un glissement de sens et de particulariser l’Etre dans sa considération humaine par rapport aux autres existences. L’Etre est ainsi ramené de l’idée de créature, produit de création (idée défendue par les tenant des religions et refusée par les héritiers du positivisme, qu’on peut qualifier de forme moderne de l’athéisme qui a toujours existé – à travers l’Histoire étendue de l’Humanité – et qui existera toujours et où l’Homme fait face à Dieu, soit en refusant l’idée d’être considéré comme une créature et par là d’être perçu comme dépendant de plus fort que lui ; soit en essayant de se mettre au rang de la divinité pour marquer son égalité avec elle ou pour « inférioriser » et exploiter ses semblables) à celle de représentant exclusif de l’Intelligence pouvant concevoir son existence.

Nous procédons dans ce qui suit à une analyse comparative qui met, d’un côté, le sens et la signification et, de l’autre, l’Etre et le Soi. Nous commençons par l’explication de notre choix de faire rapprocher quatre branches de la connaissance humaine en insistant sur leurs rapports épistémologiques. Nous expliquons, ensuite, comment l’Etre est un multiple et en quoi il rejoint le sens et se trouve dans un rapport avec le langage. Puis, nous parlerons de L’Etre et de ses représentations, nous nous arrêterons au rapport qu’entretient la représentation entre sens/Etre et signification/Soi. Nous développerons enfin notre point de vue sur ce que nous appelons Etre « rhétorisé » et Etre herméneutique.

Déjà à la fin du dix-neuvième siècle, Saussure définissait la linguistique comme faisant partie de la sémiologie et considérait que cette dernière était incluse dans la psychologie sociale. Il dit :

On peut concevoir une science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ; elle formerait une partie de la psychologie sociale, et par conséquent de la psychologie générale ; nous la nommerons sémiologie (du grec sëmeîon, “ signe”). Elle nous apprendrait en quoi consistent les signes, quelles lois les régissent. (Saussure 1916/1988 : 33)

Si la sémiologie est incluse dans la psychologie sociale suivant l’appréciation de Saussure, Guy Roudière (2002 :15) estime que « La sémantique apparaît ici comme une partie de la sémiologie. » Un autre chercheur voit que la sémantique et la sémiologie ou sémiotique partage le même champ de recherche ; il dit : « La sémiotique comme la sémantique ont pour préoccupation majeure la quête du sens. Reste seulement à savoir de quel sens il est question. » (Choi 2001).

Le rapport entre la sémantique et la sémiologie est identique à celui entre la psychologie et la sociologie. Ainsi « Caractériser la démarche sociologique, c’est dévoiler tout d’abord les perspectives originales qui permettent de distinguer la sociologie de disciplines très proches comme la psychologie » (De Coster et al. 2006 :39). Marcel Mauss trouve que « la sociologie et la psychologie ont un point de départ commun : il est possible de décomposer la personnalité comme on décompose la société en ses éléments ». (Mauss 1931/1969). Jean Piaget va un peu plus loin dans sa comparaison :

Demander lequel des deux termes, individu ou socié­té, précède l'autre, c'est comme quand on demande si l'œuf est venu avant la poule ou la poule avant l'œuf. Il y a là une corrélation sans antériorité assi­gnable. Il y a covariance et parallélisme entre la société et l'individu ; il faut étudier le phénomène par les deux méthodes du psychologue et du sociologue, sans les mettre en une opposition irréductible (Mauss 1931/1969).

Ces rapports de complémentarité, d’inclusion ou de voisinage mettent ces sciences dans une voie qui les conduit toutes à donner, en jonction, des réponses que chacune prise dans sa « solitude épistémologique » ne peut donner.

Il est nécessaire de rappeler que le point de contact de ces disciplines, de ces sciences est le langage. Françoise Dolto avait raison de dire que « Tout est langage » ; elle précise que ce dernier « exprime son désir [celui de l’Homme] inextinguible de rencontrer un autre, semblable ou différent de lui, et d'établir avec lui une communication. Que ce désir est inconscient plus que conscient, c'est ce que je voulais faire saisir. » (Dolto1987 :5-6).

Le langage n’est pas seulement le point de contact, mais il est aussi le point commun, ou le point de repère de ces quatre champs de l’étude de la vie humaine dans son existence (être, exister) individuelle ou collective et dans sa réalisation formelle ou sémantique.

Pour palier à la difficulté dont parle John Lyons (1978 : 70) qui voit que « le sens a différents aspects qu’il faut prendre en considération dans la description du comportement linguistique ; et il n’est pas possible d’envisager qu’une seule glose ou définition puisse les englober tous », nous proposons une définition qui se veut simplificatrice pour nous permettre de dépasser le problème terminologique ou conceptuel du terme « sens ». Pour nous donc, le sens est l’ensemble des réalisations d’un mot dans différents discours. Si nous employons la terminologie de Pottier (1974), nous dirons que le sens englobe tous les sèmes que peut avoir un mot ; classème (sème générique), sémantème (sèmes spécifiques) et virtuème (sèmes connotatifs). C’est aussi le point de vue de Guiraud (Gallisson et Coste 1976 : 500) qui voit que le « sens, plus statique, est l’ensemble des images mentales qu’évoque un mot hors contexte et hors situations ».

Pour la signification, nous la considérons comme la réalisation immédiate en situation. Lorsque nous parlons de la signification, nous nous trouvons dans « la parole » (selon Saussure) ou la « performance » (selon Chomsky). La signification d’un mot est une partie de son sens, et l’ensemble des significations que peut avoir un mot ou une proposition dans différents contextes et situations est son sens.

Le sens est donc un pluriel, alors que la signification est un singulier – qui n’est pas pour autant un unique. Le rapport d’inclusion est doublé par un autre d’appartenance entre la signification et le sens.

Par transposition (nous la justifierons dans ce parcours) nous pouvons dire que l’Etre est un Sens dont les différents Soi, qui sont ses représentations, ses significations.

Qu’est-ce que l’Être ?

Sommes-nous vraiment, avec notre approche, dans le champ de la métaphysique quand nous posons cette question d’ontologie? Nous ne dirons pas aussi que nous sommes dans le champ phénoménologique : en parlant de « l’Etre et le Néant », Sartre a sous-titré son livre d’« Essai d’ontologie phénoménologique ». Il parle comme Lévinas (1963/1990) (nous ne nous arrêtons pas à Heidegger et sa distinction entre « l’être » et « l’étant ») de « l’existant » en visant « à supprimer un certain nombre de dualismes qui embarrassaient la philosophie et à les remplacer par le monisme du phénomène » (Sartre 1943 :11). Ce questionnement peut nous conduire à avoir un autre chemin dans la pensée, vue la complexité de la question à traiter. Complexité, parce que d’autant la question est banale puisque son élément est pleinement usuel, il fait partie d’un fondamental de la vie de tous les jours, d’autant qu’il est difficile de lui apporter des réponses satisfaisantes ou précises.

Le fait de se trouver entre quatre démarches scientifiques, nous donne, donc, la possibilité de prétendre à l’existence de ce troisième chemin que nous ne pouvons pas délimiter ni éclaircir maintenant, mais dont nous avons le pressentiment de l’existence.

Allons dans le champ du langage pour commencer à répondre à cette question et précisément dans le domaine de la lexicologie : la création lexicale est un procédé qui fait sortir un mot de l’inexistence à l’existence, ceci accompagne le fait qu’une chose, une notion ou une idée sort du domaine de l’inexistence vers celui de l’existence, elles deviennent des « êtres ».

L’Etre est un possible qui se réalise dans l’Univers (ce dernier en arabe est le grand être « kawn » : c’est un dérivé du verbe « kana », être) par le biais d’une perception et d’une conception, dans les deux sens de ce dernier mot1. Pour Lahbabi, (1954 : 7) « l’être est un donné brut qui apparaît et devient au fur et à mesure qu’il tend à se personnaliser, à entrer dans la communauté des personnes. Il reste « être » tant qu’il ne s’est pas engagé dans le “paraître”. » L’Etre est donc, pour cette manière de voir, préexistant à ce qui peut être son paraître, c’est-à-dire sa ou ses réalisation(s). Si on considère l’Etre comme Sens, son rapport sera ici avec ce qu’il peut « devenir ». Le(s) paraître(s) est /sont donc sa/ses signification(s). On peut le percevoir aussi, mais différemment par rapport aux possibles qu’il était avant qu’il soit. C’est la distinction que fait l’arabe entre le « kaîin » et le « momkin » (l’Etre / l’Existant et le Possible). C’est aussi un rapport sémantique qui correspond à la distinction que nous avons établie entre sens et signification.

Chez Sartre, l’être-en-soi est absolu et n’existe que d’après soi-même. C’est à dire, il est “l’être est soi”. Il n’a de lien avec aucun être. Selon Sartre, l’être-en-soi n’est pas un être qui est produit de ce qui est possible ou de ce qui est nécessaire. “L’être est sans limite soi-même et se consume en étant soi-même”. Étant donné que Sartre voit l’être-en-soi dans le champ phénoménal, ce qui existe dans ce champ ne peut jamais se produire d’un autre existant. Cela est la contingence de l’être-en-soi. En d’autres termes, l’être-en-soi ne peut pas être dérivé du possible qui est un état de l’être-pour-soi. L’être-en-soi n’est jamais possible ou impossible, il ne fait qu’exister. Tout cela indique que l’être-en-soi est un être de trop qui n’a pas été créé et qui n’a pas de raison d’existence (Güneş 2012).

Le Soi est une signification, c'est-à-dire un élément unique, bien qu’il puisse avoir plusieurs facettes. Ici peut s’exploiter la théorie sémantique des traits sémiques. Chaque signification est dotée d’un ensemble de traits sémiques qui varient en nombre et en qualité, mais tous les traits sémiques de toutes les significations constituent le sens. Chaque Soi est un ensemble de traits qui le distinguent des autres Soi, et tous les traits qui constituent les différents Soi se regroupent pour constituer l’Etre.

Chaque Soi est doté d’une possibilité (Imkane) d’adhérer à une collectivité : c’est ce qui fait la société, le troupeau, la foule, l’essaim, le banc, etc. Cette adhésion profite de la qualité d’adhérence innée et constitutive du Soi. Une fois collectif, le Soi devient Etre. A ce stade, Lahbabi introduit la notion de perfection : « si l’espèce est plus parfaite que l’individu, c’est parce qu’elle inclut dans une « essence » unique la perfection spécifique d’une infinité d’individus possibles ».

Le Soi est alors jugé par rapport à l’Etre : en psychologie et en sociologie, la déficience ou la performance sont jugées par rapport à une moyenne perçue par rapport à la collectivité. Nathalie Nader-Grosbois (2006 :104) rapporte que « le retard mental se caractérise par un fonctionnement intellectuel significativement inférieur à la moyenne, associé à des limitations dans au moins deux domaines du fonctionnement adaptatif ».

Cette idée rejoint la perception et la conception de la création dans les religions monothéiste où le créateur a fait un Etre qui s’est constitué en plusieurs Soi2. On peut prétendre aussi que la signification découle du sens pour le refaire ensuite, et ainsi les Soi3 qui découlent de l’Etre le font à leurs tours de même qu’il les représente.

Le langage sera donc l’élément fédérateur de tous les Soi (humains) qui existent et de tous les Etres qui en découlent. Si c’est le cas, ne serait-il pas logique de voir en lui la vraie réalisation de l’Etre ? Et, comme nous le postulons, si le langage est la pensée, cette dernière est l’Etre dans la mesure où ce dernier n’est saisi que comme pensée, au-delà de laquelle il n’a aucune existence ; et par transitivité (nous marquons ici un écart avec le syllogisme) l’Etre, c’est le langage : sa conception et sa perception ainsi que toute son existence ne se font que par le langage, dans le langage et donc comme langage. Pour Rudolf Steiner (1957/1987 : 151),

Lorsqu’il est question du langage humain, nous éprouvons amplement à quel point toute l’importance, la dignité et la nature même de l’être humain sont liées à ce que nous appelons le langage. Notre vie la plus intime, toutes nos pensées, nos sentiments et nos impulsions volitives s’écoulent en quelque sorte en direction du dehors, vers nos semblables, et nous unissent à eux par le langage. Grâce à lui nous ressentons en nous une faculté d’extension illimitée de notre être et sa possibilité de répandre son rayonnement sur notre environnement.

La conception religieuse du langage, à laquelle nous avons déjà fait allusion, présente ce dernier comme étant né avec l’homme, plus encore, dans l’homme, qui est lui-même créé par le langage divin. Le Coran (4 ; 171) parle de Jésus en disant « Le Messie Jésus, fils de Marie, est seulement l’envoyé de Dieu, Son Verbe déposé dans le sein de Marie, un Esprit émanant du Seigneur ! ». Dans la Bible, le langage, désigné par « le verbe » ou par « la parole » est à l’origine de toute la Création, de toute l’Existence. On lit dans l’Evangile (Jean 1:1-5) « 1:1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 1:2 Elle était au commencement avec Dieu. 1:3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. » Et on lit avant dans l’Ancien Testament (Genèse 1 :3): « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. »

Le cogito cartésien ne dit pas autre chose ! Pour Descartes, l’Etre n’existe que parce qu’il pense (nous insistons par la formule négative). Et, puisque nous ne trouvons pas de pensée en dehors du langage, nous pouvons surenchérir et dire que l’Etre existe/est parce qu’il pense dans/avec le langage. Dans la même visée, nous pouvons signaler que la logique, qui devrait être considérée comme la meilleure forme de la pensée, ou le plus haut degré de la réalisation de la pensé, est appelée en arabe « manetèq », ce qui la rapproche plus du discours que du logos (grec).

La conception du langage chez Ibn Jinni, l’un des grands linguistes et penseurs arabo-musulmans participe à la justification de ce postulat. « Le « langage » est défini par Ibn Jinni comme un ensemble de « sons au moyen desquels chaque communauté exprime ses « visées » » (Moutaouakil 1982 :68). La première visée est celle de se concevoir comme Etant participant à une collectivité. Russell (1969 :225) progresse dans la même direction, pour lui, « le langage répond à une triple finalité :1) indiquer des faits ; 2) exprimer l’état du locuteur ; 3) altérer l’état de l’auditeur. Cette triple finalité n’est pas toujours réunie ». Russell aurait dû voir dans les deux premières finalités une seule, puisque le fait d’« exprimer l’état du locuteur » est lui-même une indication de faits. L’état de l’Etre est un fait, contrairement à la conception grammaticale qui oppose le fait (verbes d’action) à l’état (verbes d’état).

Dans le cadre de notre conception fondée sur la transitivité, nous concevons que l’Etre est un agrégat4 de Soi qui se représente le monde (avec toute sa contenance, et toute sa teneur) à partir d’un point de départ qui n’est autre que son Soi-même. Pour Jodelet (1989/1994),

Les représentations sociales sont des systèmes d’interprétation régissant notre relation au monde et aux autres qui, orientent et organisent les conduites et les communications sociales. Les représentations sociales sont des phénomènes cognitifs engageant l’appartenance sociale des individus par l’intériorisation de pratiques et d’expériences, de modèles de conduites et de pensée.

Dans ces types de représentations, le premier Soi considéré est le Moi qui conjugue les autres Soi à partir de Lui-même en leur distribuant des formes de présence par rapport à lui : c’est ce qui donne les pronoms de conjugaison : celui que le Moi représente dans sa présence est considéré dans le singulier (dans le duel dans certaines langues) ou dans le pluriel sera ainsi un Toi ou un Vous ; celui que le Moi considère « in absentia » au singulier sera Soi et au pluriel sera Eux/Elles.

Dans toutes les cultures (dans le sens ethnographique), et ainsi dans toutes les langues (que nous connaissons personnellement, et nous ne croyons pas qu’il existe de contre-exemples), les conjugaisons commencent par la première personne et passent de la présence à l’absence. C’est une généralité du langage humain qui permet de concevoir le monde à partir de Soi. Ce qui peut expliquer certaines tendances à l’égocentrisme puis à l’ethnocentrisme.

Le changement de la position est continuel : le tour est donné chaque fois à celui qui se trouve en situation de la conception de Soi, et plus concrètement en situation de parole. Ainsi peut-on dire que le langage est lui-même cette opération de conception. Nous pouvons même aller plus loin et dire que la relation entre le langage et la pensée a toujours été mal posée puisque nous considérons que le langage est la pensée même, et que la pensée n’est que langage. Ceci parce que la pensée est le moyen, qui en se réalisant par le langage, permet cette représentation.

Le langage a accompagné cette forme de la représentation et doit donc être considéré comme l’élément clé de toute représentation et de toute question identitaire. (Identitaire doit se comprendre ici de deux manières : d’abord dans le sens de la ressemblance avec d’autres éléments appartenant à un même groupe, puis dans le sens de la re-connaissance de Soi de l’identification de Soi par rapport au monde). Michel Foucault (1966 :14) confirme l’idée quand il écrit que « l’analyse a pu montrer la cohérence qui a existé, tout au long de l’âge classique entre la théorie de la représentation et celle du langage ».

L’Etre représenté par des Soi multiples se crée une identité sémantique. Cette identité est pensée à partir d’un point de départ qui est un « ego excogitatoris », un « Je/Moi »penseur et concepteur. L’Etre social est étudié en sociolinguistique comme ayant/créant toujours un rapport entre son langage (en l’occurrence, ici, sa langue), sa pensée et son milieu social. Cela nous permet ici d’avancer l’idée selon laquelle le langage est la nature de l’homme alors que la langue se constitue avec sa part culturelle. Basso dans un exemple de cette conception de Soi qui intègre l’Être collectif dans le rapport à des Soi particulier, retrouve ce fait entre le silence et la prise de parole chez les Apaches :

I will be mainly concerned with the roles and statuses of participants. This is because the critical factor in the Apache's decision to speak or keep silent seems always to be the nature of his relationships to other people. To be sure, other features of the situation are significant, but apparently only to the extent that they influence the perception of status and role. (Basso 1972/1990)

(« Je serai principalement préoccupé par les rôles et les statuts des participants. C'est parce que le facteur déterminant dans la décision de l'Apache de parler ou de garder le silence semble toujours être la nature de ses relations avec d'autres personnes. Pour être sûr, d'autres caractéristiques de la situation sont importantes, mais apparemment seulement dans la mesure où elles influent sur la perception du statut et du rôle. »)

Cette conception de Soi et de l’Autre se réalise dans toutes les langues de façon chaque fois différentes. Le rapport entre le tutoiement et le vouvoiement en français est un exemple significatif, tous comme l’utilisation de « nous » à la place de la première personne de singulier en arabe.

Si l’Etre est langage, il est alors sens. Et puisque tout sens doit être saisi, il est alors « identifié » comme étant Soi-même et comme différent des autres Soi. Un Occidental se considère comme tous les Occidentaux et comme différent des Orientaux, de la même façon qu’un Oriental se considère comme tous les Orientaux et comme différent des Occidentaux. La comparaison peut se développer ou se rétrécir selon la façon de se représenter son Identité collective. Chaque Soi se considère alors comme faisant partie d’un champ sémantique spécifique, en dehors duquel il perdra quelques uns de ses traits sémiques et au-dedans duquel il a sa valeur. Ainsi chaque Soi peut diminuer ou augmenter le nombre de ses traits sémiques et varier la représentation qu’il se fait de l’appartenance à ses différents champs sémantiques, que nous pouvons appeler « ses champs définitionnels ». Il se fait alors qu’en augmentant ses traits sémiques, il rétrécit son champ définitionnel ; et en diminuant le nombre de ses traits sémiques, il élargit ce champ : un Occidental qui s’ajoute le sème « français » sera donc différent d’un autre Occidental (avec lequel il partage le sème de « l’occidentalité ») qui s’ajoutera, ou qui se verra ajouté un autre sème ayant rapport avec la nationalité. Pierre Bourdieu (1982 :135-136) parle de représentation mentale et objectale :

La recherche des critères « objectifs » de l’identité « régionale » ou « ethnique » ne doit pas faire oublier que dans la pratique sociale, ces critères (par exemples la langue, le dialecte ou l’accent) sont l’objet de représentation mentales, c’est-à-dire d’actes de perception et d’appréciation, de connaissance et de reconnaissance, où les agents investissent leurs intérêts et leurs présupposés, et de représentations objectales, dans des choses (emblèmes, drapeaux, insignes, etc.) ou des actes, stratégies intéressées de manipulation symbolique qui visent à déterminer la représentation (mentale) que les autres peuvent se faire de ces propriétés et de leurs porteurs.

De ces augmentations ou diminutions des traits sémiques des Soi, et de l’élargissement ou du rétrécissement relatifs aux champs définitionnels des Etres naît la relation avec autrui considéré comme un champs définitionnel différent. Sartre voit qu’elle est toujours conflictuelle :

Tout ce qui vaut pour moi vaut pour autrui. Pendant que je tente de me libérer de l’emprise d’autrui, autrui tente de se libérer de la mienne ; pendant que je cherche à asservir autrui, autrui cherche à m’asservir. Il ne s’agit ici nullement de relations unilatérales avec un objet-en-soi ; mais de rapports réciproques et mouvants. Les descriptions qui vont suivre doivent donc être envisagées dans la perspective du conflit. Le conflit est le sens originel de l’être-pour-autrui. (Sartre 1943 :413)

Plaçant la relation avec autrui dans la perspective sémantique pour laquelle nous avons opté, nous posons que la relation n’est pas seulement conflictuelle comme le postule Sartre (1943 :429) (qui inclut dans la première attitude l’amour, le langage et le masochisme, et dans la deuxième attitude l’indifférence, le désir, la haine et le sadisme). Cette relation sémantique peut être ou synonymique ou antonymique. Les Soi, et à travers eux les Etres, se proclamant de la gauche se réuniront dans une relation de synonymie : ils ont ainsi constitué l’Internationale. Ils se placeront dans une relation d’antonymie avec les Soi et les Etres défendant des positions de droite. Ces relations ne sont pas définitives, elles peuvent varier selon des conditions qui équivalent aux conditions d’emploi pour le sens et pour la signification des mots et des phrases. Il y a un proverbe arabe qui traduit merveilleusement ce type de glissement : « mon frère et moi sommes contre mon cousin. Et mon cousin et moi sommes contre l’étranger ». L’individu se représente dans une relation et instaure et qualifie sa relation au monde par rapport à la situation (dans le sens le plus large du mot) dans laquelle il se trouve. Son identité dépend alors de son identification à un champ définitionnel. Cela peut aller d’un Soi individuel jusqu’à un Etre étatique. Ce qui s’oppose à l’idée de Julia Kristeva (1974 :379) qui voit que

Si chaque individu ou chaque organisme social représente un ensemble, l’ensemble de tous les ensembles que devait être l’Etat n’existe pas. L’Etat comme ensemble de tous les ensembles est une fiction, il ne peut pas exister, comme il n’existe pas d’ensemble de tous les ensembles dans la théorie des ensembles. L’Etat n’est, à la rigueur, qu’une collection des ensembles finis.

L’Etat ne s’instaure comme tel que si les Etres qui le constituent sont des ensembles agrégatifs fondés sur des rapports de synonymie et d’antonymie qui lui permettent de vivre par leurs vies respectives et d’exister par la conception et la représentation que tous les Etres se font d’eux-mêmes en l’intégrant. Le langage, ou d’au moins la langue française, use d’un mot dérivé de l’Etre pour désigner l’Etat. C’est l’équivalent de ce que fait l’arabe entre le « kaîin » et le « kawn ».

L’élargissement du champ définitionnel, par la diminution des traits distinctifs, ramène tous les Soi et avec eux tous les Etres à une définition « unicitaire » qui unit et réunit tous les Etres autour de leur élément de départ, leur élément originaire, celui qui fait d’eux tous l’Homme, cette créature (on revient au principe religieux pour les uns, mythologique pour les autres) qui se démarque des autres par sa capacité à ce concevoir.

Dans d’autres cas, le sens peut se perdre en entrant dans des « contacts syntaxiques particuliers ». Tel est le cas des expressions idiomatiques qui ont une double fonction identitaire : d’un côté, elles font perdre aux mots leurs sens (et toutes leurs significations) pour créer un sens nouveaux, et d’un autre côté, ils permettent de spécifier une langue et une culture par des expressions qui leur sont propres et qu’elles ne partagent avec aucune autre culture ni aucune autre langue. Ce qui s’applique au sens, ici, s’applique de la même façon à l’identité de l’Etre et de ses Soi qui le composent. Des fois le Soi se fond dans l’Etre qu’il compose, comme l’eau dans l’eau. C’est la collectivité soudée, unifiée : dans l’Etat, on peut trouver la Nation ; c’est aussi le principe du gang, de la communauté, de la secte. Les Soi ne se représentent que dans et seulement dans l’Etre. Dans le pire des cas, ils ne se trouvent aucune signification en dehors de cet Etre. Dans d’autre cas moins rigides et plus flexible, les Soi différents se fendent dans l’Etre en gardant une marge définitionnelle personnelle, c’est le cas des partis politiques, des syndicats (dans les systèmes démocratiques), des groupes de travail, des équipes, etc.

A ces cas de synonymies s’opposent d’autres d’antonymies qui peuvent eux aussi varier jusqu’à arriver à « l’antonymie parfaite ». L’idée de l’exclusion partielle ou totale prend des formes comme la jalousie, l’envie, la haine ; des formes qui peuvent se transformer en actes agressifs : lutte, combat et guerre.

Dans la représentation que les Soi se font d’eux-mêmes, il arrive qu’ils fassent distinguer un Soi particulier ou un Etre collectif. Ils le démarquent par rapport à eux. Cette démarcation ce fait dans l’utilisation du sens au niveau de la rhétorique. Pour Michel Meyer, introduisant la Rhétorique d’Aristote,

L’être est, mais ce qui est pourrait être autre également. Et pourtant l’être est nécessaire : il est et ne peut pas ne pas être, sa nécessité relève de la logique ou de la science. Ce qui échappe à cette nécessité ressortit à la rhétorique au sens large. Au sens large, parce que la rhétorique, en réalité, traite des alternatives présentes dans le discours, et stricto sensu, elle doit être distinguée, selon Aristote, de la poétique et de la dialectique. (Aristote 1991 :17)

Nous pouvons charger avec d’autres connotations ce point de vue sur « la nécessité » et prétendre que rien n’échappe à celle-ci, elle donne plutôt une appréciation différente à l’Etre une fois perçu d’un point de vu rhétorique. Le sens se trouve à un niveau supérieur par rapport à la norme. Niveau supérieur ne veut pas dire meilleur, mais la différence est conçue de façon positive, et ce dans les différentes cultures où l’expression figurative « transfère » le sens vers un degré sémantique plus valorisé parce que plus « dense » que celui qualifié de « commun ». C’est ainsi que Fontanier, cité par Michèle Aquien (1993 :135), définit les figures du discours qui

sont les traits, les formes ou les tours plus ou moins remarquables et d'un effet plus ou moins heureux, par lesquels le discours, dans l'expression des idées, des pensées ou des sentiments, s'éloigne plus ou moins de ce qui en eût été l'expression simple et commune.

De la même façon, certains Soi et certains Etres se trouvent distingués et élevés du rang des communs par l’ajout de certains traits sémiques de valeur positive, selon des situations sociales et intellectuelles précises qui équivalent dans le cas des virtuèmes à des situations du discours.

Donc, dans leur complexité sémantique, les Etres de « distinction » sont mis en valeur en étant perçus, conçus de façon plus valorisante que les autres. Pour les représenter, il faut avoir des sèmes connotatifs (selon la terminologie de Roland Barthes (1985)) autour desquels la communauté se réunit pour assurer la notion de hiérarchie qui est nécessaire à la survie du genre, à sa continuation et pour beaucoup à sa prospérité.

L’écart dans le sens peut arriver à des degrés où la compréhension n’est offerte qu’à une minorité de personnes. Les capacités requises pour comprendre sont élevées d’autant plus que le sens est « profond » et inaccessible. Dans ces cas on fait intervenir l’herméneutique. Celle-ci, selon Gadamer (1995/2005 :87)

Se concentre ainsi sur quelque chose d’incompréhensible. Mais en un certain sens, cela est toujours vrai de l’herméneutique. L’herméneutique se trouve, en effet, provoquée par ce qui n’a pas été compris ou ce qui est incompréhensible, ce qui nous engage sur la voie du questionnement et qui nous oblige à comprendre. Il n’y a ici aucune maîtrise préalable de tout ce qui est susceptible d’être sensé. Il s’agit plutôt d’une réponse à une provocation toujours renouvelée qui vient de ce qui n’a pas été compris, de ce qui est étonnamment autre, étranger, obscur, et peut-être même à quelque chose de profond que l’on devrait comprendre.

Selon notre approche qui n’est pas holiste et qui joint quatre champs de la recherche dans les sciences humaines, cet incompréhensible dont parle Gadamer ne serait-il pas l’Etre herméneutique ou le supra-Etre, l’Etre qui est au-dessus de tous les Etres, celui qui comprend tous les Etres et que tous les Etres ne peuvent pas comprendre ?

Le sens restera toujours la particularité de l’Etre humain, différent des autres Etres par sa capacité d’utiliser le langage qui est sa pensée et par la possibilité de se concevoir lui-même et de concevoir le monde à partir de lui-même toujours à travers ce langage. Les sciences humaines, dont le rôle est de comprendre l’Homme et d’expliquer son existence, sa pensée, sa relation avec le monde et son devenir, doivent trouver des terrains d’entente pour créer des intersections qui faciliteront les rapports entre les sciences et qui offriront par là plus de sens et plus de compréhension des faits humains. En travaillant avec la sémantique, la sémiologie la psychologie et la sociologie, nous avons eu la possibilité de comparer l’Etre au sens et donc le Soi à la signification. Avec les traits sémiques et le champ définitionnel, les Soi et les Etres se créent leur représentation et leur identité en se plaçant dans des relations de synonymies ou d’antonymies. Ces représentations peuvent se développer et en rendre le sens plus « dense », elles arrivent à ce que nous concevons comme l’Etre « rhétorisé » puis comme l’Etre herméneutique.

La question de l’Etre, du Soi, de l’identité et de la représentation pris dans l’ensemble soulève et soulèvera des positions et des contre-positions suivant l’angle de traitement et selon le point de vue adopté. Elle nous mène, qu’on le veuille ou non dans des contrées de la pensée où il est difficile de se trouver et de se retrouver puisqu’on parle de choses qui sont nous-mêmes vus autrement. L’Homme qui vit avec et dans le langage arrivera-t-il à se dérober de ce dernier pour être autrement qu’il est ? Parviendra-t-il à poser et reposer la question de son existence avec des outils qui ne sont pas sa propre pensée, son propre langage ? Pourra-t-il dans la quête du sens et de la signification trouver le chemin de cette pensée de l’Etre supérieur qui a de tout temps préoccupé les Hommes et dont ils ont trouvé des formulations divers comme celle de surhomme de Nietzsche ?



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Notes de bas de page


1 Dans le sens de procréer, et aussi celui de se représenter un objet par la pensée.
2 Dans le Coran : « Pour Allah, Jésus est comme Adam qu'Il créa de poussière, puis Il lui dit ‹Sois›: et il fut. » [III. 59]. Dans la Bible : « Et Dieu dit: Que la lumière soit. Et la lumière fut. » Genèse (1.3).
3 Pour des raisons pratique, nous gardons le mot « Soi » invariable.
4 Nous employons agrégat plutôt qu’ensemble pour insister sur la notion de l’homogénéité existante ou supposée qui « soude » les éléments constitutifs de l’Etre.



Pour citer cet article


BABA HOUARI Khalifa. Le sens de l’Être contre la signification du Soi : la représentation comme outil identitaire. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 12. Sens et identités en construction : dynamiques des représentations : 1er volet, 31 janvier 2014. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=3227. ISSN 1308-8378.




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Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
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