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13. Sens et identités en construction : dynamiques des représentations : 2ème volet

Article
Publié : 30 juin 2014

Valeurs sémantiques de remercier en espagnol parlé au Mexique et en Espagne


Mme Monica ALARCON CONTRERAS, Post-doctorante, Universidad Veracruzana (Mexique), CoDiRe (EA 4643), Université de Nantes, Monica_alarcon@yahoo.com
Mme Natalia CORDEIRO PAREDES, Doctorante, Universidad de Extremadura (Espagne), Nataliacordeiroparedes@yahoo.es

Résumé

L’objectif de notre étude est de rendre compte de la représentation sémantique et conceptuelle de l’acte de langage REMERCIER « AGRADECER », en espagnol d’Espagne et du Mexique. Notre recherche se trouve inscrite dans les travaux du CoDiRe de l’Université de Nantes sur les actes rassurants et les actes menaçants. Dans cet article, nous nous centrerons sur les discours déclaratifs qui sont à la base de la re-construction des représentations sémantiques et conceptuelles et, de manière parallèle, sur les éléments linguistiques qui servent à la réalisation de cet acte. Ceci dans le but d’analyser les ressemblances et les divergences qui peuvent exister dans la réalisation d’un même acte illocutionnaire dans deux variantes d’une même langue. Pour ce faire, nous ferons une étude comparative entre les représentations sémantiques et conceptuelles en espagnol péninsulaire et mexicain. Nous confronterons aussi les stratégies de réalisation linguistique à travers des marqueurs discursifs illocutionnaires proposés par les étudiants enquêtés.

Ce que nous cherchons à découvrir a à voir avec les différentes stratégies de création des identités sociales et culturelles. Ainsi donc nous situons notre étude dans les postulats de la Sémantique de Possibles Argumentatifs d’Olga Galatanu qui tient compte des liens entre les actes de langage et le potentiel de signification du lexique de la langue.

Abstract

The purpose of this paper is to report and give full account of the semantic and conceptual representation of the speech act AGRADECER (to thank for) in peninsular and Mexican Spanish. Our study falls within the CoDiRe general researches on “reassuring” and “threatening” speech acts at the University of Nantes. To do so, we will focus, in this article, on the declarative statements that are on the basis of the reconstruction of semantic and conceptual representations while studying linguistic elements that make possible the achievement of that act. The latter in order to analyze similarities and differences that can exist in the achievement of a same illocutionary act in two variants of the same language, as is the case for Spain and Mexico. We shall compare the semantic and conceptual representations in peninsular and Mexican Spanish. We shall also confront the strategies of linguistic realization used through illocutionary discourse markers proposed by the investigated students.

Our final goal is to find out whether all the above is related to the various strategies of creation of the social and cultural identities. Thus we contextualize our study within the postulates of Olga Galatanu’s semantics of argumentative Possibilities, which takes into account actual links between the speech acts and the meaning potential of the lexicon.


Table des matières

Texte intégral

Devant le besoin d’une compétence culturelle qui favorise la compréhension et l’apprentissage des langues étrangères, nous menons une recherche qui essaye de mesurer l’imprégnation de l’élément culturel dans l’élément linguistique (Galatanu 2011). Ceci suivant l’hypothèse que la reconstruction des représentations sémantiques et conceptuelles révélera la charge culturelle y contenue.

Notre recherche s’inscrit donc dans les travaux réalisés et en cours de réalisation dans le sein du CoDiRe (Equipe de recherche sur la construction discursive des représentations linguistiques et culturelles) de l’Université de Nantes, sur les actes rassurants et les actes menaçants, sous la direction d’Olga Galatanu. Dans le cadre de nos recherches, nous nous intéressons aux représentations sémantiques et conceptuelles des actes illocutionnaires : remercier et reprocher en 12 langues1.

L’objectif principal de cette recherche est de faire apparaître l’ancrage culturel des actes illocutionnaires sur le plan des représentations conceptuelles contenues dans les réalisations linguistiques. Dans cet article, nous nous limiterons à présenter une partie des résultats de la reconstruction des représentations sémantiques et conceptuelles de REMERCIER en espagnol d’Espagne et du Mexique. Nous essayerons de montrer les différences et les ressemblances identifiées à partir des réalisations linguistiques et des savoirs déclaratifs qui sont à la base de nos analyses. L’objectif de cette étude est de rendre compte de la représentation sémantique et conceptuelle de l’acte de langage REMERCIERAGRADECER »), en espagnol d’Espagne et du Mexique.

Malgré l’idée d’universalité des actes de langage, nous considérons l’existence de divergences à l’intérieur d’un même système linguistique, dans notre cas l’espagnol. Les écarts linguistiques et sémantiques peuvent avoir des origines différentes : la non équivalence des sens des mots utilisés, des valeurs affectives attribuées aux « objets » désignés par les mots, des associations stéréotypiques et culturelles non partagées.

Ce que nous cherchons à découvrir se situe au niveau de la possible matérialisation des différences linguistiques et des manières différentes de créer les identités sociales et culturelles. Pour ce faire, nous adopterons une perspective sémantique qui tient compte des liens entre les actes de langage et le potentiel de signification du lexique de la langue, à savoir la Sémantique de Possibles Argumentatifs d’Olga Galatanu (désormais SPA).

Ce modèle d’analyse sémantique propose un « dispositif sémantique génératif de probabilités de sens discursif argumentatif axiologique » (Galatanu 2012 : 63). La SPA conçoit la langue comme un outil argumentatif et à la fois cognitif qui permet de représenter le monde, « perçu » et « modélisé » surtout à travers des significations lexicales. Elle tient compte du niveau d’inscription du potentiel argumentatif dans la signification lexicale mais aussi, considère le langage comme un outil d’« expression de soi » et du monde représenté. C'est-à-dire, la SPA intègre une perspective dénotative de la conceptualisation du monde en l’associant à la conceptualisation du monde mise en œuvre par les entités lexicales.

Cette approche sémantico-pragmatique tient compte de la modalisation discursive qui signale la présence des valeurs dans les discours, définie comme :

l’inscription dans l’énoncé, par une marque linguistique (modalité), de l’attitude (valeur modale) du sujet communiquant à l’égard du contenu propositionnel de son énoncé et de la fonction que cet énoncé est censé avoir dans l’interaction verbale à laquelle il participe ». (Galatanu 2000 : 97)

De ce fait, au sein de la SPA, l’axiologique enveloppe la zone sémantique, mais regroupe aussi les modalités évaluatives liées à l’esthétique, le pragmatique, le cognitif ou l’intellectuel, et les modalités affectives liées à l’hédonique-affectif. Ces valeurs sont attribuées aussi bien à des individus qu’à des collectivités et les valeurs qui se détachent du domaine de l’éthique évaluent le comportement et les attitudes de l’homme et de la culture qui les porte. C’est pourquoi, dans la SPA, les réalisateurs linguistiques sont analysés en relation avec les stratégies discursives ancrées dans le culturel (Cf. Galatanu 2012 : 59).

La SPA propose donc un principe d’explication associatif qui considère les associations au sein du langage et non leur discrimination, donc ce modèle est défini comme holistique, associatif, encyclopédique et processuel. Sous cette perspective, la SPA est définie par Galatanu comme un « lieu de manifestation de mécanismes sémantico-discursifs de construction de sens et de reconstruction de la signification ». Cela suppose un processus holistique et associatif pour l’explication du cinétisme mais aussi une dimension descriptive de la signification lexicale dans le but de faire apparaître la partie stable de la signification et ainsi rendre compte du statut d’ensemble ouvert des éléments de signification évolutifs, appelés « stéréotypes » (Cf. Galatanu 2006 : 128, 129).

La SPA comporte 4 niveaux ; trois strates et des déploiements discursifs :

  1. Le noyau (N) qui représente les propriétés essentielles du concept (traits de catégorisation sémantique).

  2. Les stéréotypes (Sts) qui sont définis comme « un ensemble ouvert d’associations des éléments du noyau avec d’autres représentations, constituant des blocs d’argumentation interne » (Carel, Ducrot 1999 in Galatanu 2007).

  3. Les « possibles argumentatifs » (PA) vus comme des séquences discursives déployant dans des blocs d’argumentation externe, l’association du mot avec un élément de son stéréotype, séquences calculées à partir des stéréotypes » (Galatanu 2007)

Et ce que Galatanu présente comme une forme de manifestation discursive : les déploiements discursifs (DA) et qui sont définis comme « les séquences argumentatives réalisées par les occurrences discursives » (Galatanu 2007 ; Galatanu 2009 : 61). Alors le N et les Sts forment un dispositif de signification générateur de probabilités discursives (PA) et les DA sont proposés par les occurrences discursives, en contexte.

Nos analyses se situent autant dans la signification de nominaux que des verbes qui les désignent, dans leur charge culturelle présente dans des stéréotypes conceptuels et linguistiques et dans les réalisateurs linguistiques de ces actes de langage. Pour Galatanu l’interface sémantique-pragmatique est vue comme « un espace de deux formes de manifestations simultanées du même phénomène linguistique » (Galatanu 2011 : 117). Ainsi donc notre protocole de recherche se situe sur une approche modale2 de l’acte illocutionnaire3 (Galatanu 1988, 2000) dans le cadre théorique de la SPA. Cette proposition tient compte des « représentations conceptuelles et sémantiques ancrées culturellement et à leur traitement par le protocole de communication spécifique de la culture dans laquelle les actes sont performés » (Galatanu 2012 : 62) Sous cette approche modale,

tous les actes illocutionnaires ont une représentation modale, une configuration de valeurs modales qui sous-tendent l’intention illocutionnaire et tous les marqueurs illocutionnaires sont porteurs de valeurs subjectives et intersubjectives ». (Galatanu 2012 : 67)

Les postulats de la SPA permettent donc de considérer le processus de pragmaticalisation4 dans le champ sémantique comme l’un des mécanismes sémanticodiscursifs qui sous-tendent le cinétisme de la signification lexicale (Galatanu 2012).

Par suite, trois des éléments de la SPA concernent l’analyse des représentations conceptuelles et sémantiques des actes illocutionnaires et de l’étude des leurs réalisateurs linguistiques :

  • la description de la signification linguistique,

  • la construction ou (re-)construction des mots à partir du sens proposé par les occurrences discursives et

  • la description de la signification lexicale.

L’approche modale des actes illocutionnaires fait donc apparaître des valeurs modales du sujet parlant comme :

  • la position ou l’attitude discursive, non seulement à l’égard du contenu mais aussi de la fonction interactive suscitée dans l’échange verbal ;

  • la description de la signification spécifique et du fonctionnement polyvalent des marqueurs illocutionnaires et

  • le degré de stabilité des associations des représentations qu’elle porte (Galatanu 2011, 2012).

Le cadre théorique de la SPA propose ainsi un protocole d’analyse – à l’interface de la pragmatique et de la sémantique – pour l’étude comparative des possibles argumentatifs des représentations sémantiques dans plusieurs langues, mais aussi pour un cadre explicatif intéressant du processus de « pragmaticalisation », entendu dans le cadre de la SPA comme « l’un des mécanismes sémantico-discursifs qui sous-tendent le cinétisme de la signification et des production de marqueurs discursifs dans la zone illocutionnaires des actes affectifs menaçants et rassurants » (Cf. Galatanu 2012 : 64 et 65), dans notre cas, entre l’espagnol d’Espagne et celui du Mexique.

Afin de rendre compte des représentations sémantiques et conceptuelles de l’acte de langage AGRADECER et de leurs réalisations linguistiques, nous avons mené à terme des analyses issues de deux corpus recueillis suivant le protocole de sémantique expérimentale de la SPA dans deux espaces hispanophones.

Le corpus de référence pour l’espagnol du Mexique a été construit à partir des données recueillies dans une enquête par questionnaire menée auprès de 20 étudiants en Langues, des hispanophones natifs, de la 2e année à la 4e année d’étude. Parallèlement, pour la constitution d’un corpus concernant l’espagnol de l‘Espagne, l’enquête a été réalisée auprès de 15 hispanophones natifs, étudiants en Sciences Humaines et Sociales, de la 4e à la 5e année d’étude. C’est justement la confrontation des données recueillies qui nous permettra d’attester, ou pas, l’existence de différences dans la construction sémantico-conceptuelle de l’acte d’AGRADECER dans ces deux espaces hispanophones.

Chaque questionnaire intègre deux tests différents conçus dans le cadre du CoDiRe : un Test du savoir déclaratif et un Test d’accomplissement du discours (DCT). Le premier nous a fourni un corpus en termes d’attitudes modales et le deuxième regroupe les formes linguistiques utilisées au moment de l’interaction verbale.

D’une part, le DCT propose huit situations communicatives avec des variables socioculturelles. La production des dialogues illustrés par les consignes de la part des étudiants enquêtés nous permettra de mettre en rapport les représentations sémantiques et conceptuelles avec les types de réalisation linguistiques de l’acte d’AGRADECER dans l’interaction verbale. Ce qui nous intéresse, pour cette étude, c’est en effet d’analyser les possibles variations dans la réalisation en espagnol de cet acte langagier en Espagne et au Mexique. D’autre part, le Test du savoir déclaratif est composé de douze questions qui ont pour objectif de stimuler le savoir déclaratif en termes d’attitudes modales configurant cet acte illocutionnaire. Ce deuxième test va nous permettre d’extraire le noyau conceptuel pour le verbe AGRADECER.

Dans cette partie de notre travail, nous passons à la construction de la représentation sémantico-conceptuelle d’AGRADECER. Cet acte s’avère comme une courtoisie linguistique par laquelle un locuteur exprime sa reconnaissance envers un allocutaire pour un service/objet rendu, ce qui se traduit nettement sur le plan syntaxique « quelqu’un remercie quelqu’un d’autre (pour quelque chose) ». Pourtant, la construction conceptuelle de l’acte peut différer dans des variantes géolinguistiques pour une même langue. Etant donné que les membres d’une communauté partagent des valeurs, des croyances, des façons de voir le monde, notre construction se verra revêtue de la culture à laquelle appartiennent les jeunes enquêtés. Voilà pourquoi nous pouvons affirmer que les constructions sémantico-conceptuelles sont « culturellement déterminées » (Galatanu 2012 : 9).

Les représentations sémantiques d’AGRADECER (Tableaux 1 et 2), construites à partir des définitions proposées par les étudiants enquêtés, fournissent une caractérisation de cet acte de langage en termes modaux. Cette description sémantique correspond parfaitement à celles procurées par les ouvrages lexicographiques.

DRAE: Sentir gratitud. Mostrar gratitud o dar gracias. Dicho de una cosa: Corresponder al trabajo empleado en conservarla o mejorarla.

MARIA MOLINER: Estimar un beneficio o una atención recibidos. Portarse con una persona como corresponde por un beneficio o atención recibidos de ella. Dar cierta cosa a cambio de un favor o una atención recibidos. Corresponder, pagar, responder. Mostrar una cosa el buen efecto de los cuidados o el trabajo puestos en ella o de algo que la beneficia.

Du discours lexicographique résulte le noyau sémantique suivant : « Exprimer la gratitude pour l’objet /l’action /le service reçus, à une troisième personne qui est responsable de cette action positive et, par conséquent, témoigner de la reconnaissance envers l’autre ». Les définitions ci-dessus font apparaître les mêmes éléments centraux que pour notre noyau ci-dessous, à savoir la gratitude, des sentiments positifs et la reconnaissance.

Tableau 1. Représentation sémantique de l’acte AGRADECER en espagnol d'Espagne

NOYAU

STÉRÉOTYPES

X savoir/ croire P de Y favorable à X

DC

  1. X éprouver des sentiments positifs grâce à P

  2. PT X ne pas éprouver des sentiments grâce à P

DC

X se sentir parfois redevable à Y

DC

X pouvoir  dire 1 et 2

DC P Acte bienveillant, service rendu, reconnaître l’action réalisée

DC gratitude, satisfaction, , soulagement, obligation, affection

PT pas de satisfaction, gratitude, etc.

DC être reconnaissant, éprouver de l’affection, satisfaction, se sentir redevable

DC Exprimer sa reconnaissance, sentiment de gratitude, être  respectueux, montrer l’éducation, valoriser l’acte bienveillant ou le cadeau reçu.

Tableau 2. Représentation sémantique de l’acte AGRADECER en espagnol du Mexique

NOYAU

STÉRÉOTYPES

X savoir/ croire P de Y favorable à X

DC

  1. X éprouver des sentiments positifs grâce à P

  2. PT X ne pas éprouver des sentiments grâce à P

DC

X se sentir parfois redevable à Y

DC

X pouvoir  dire 1 et 2

DC P être utile, précieux, acte bienveillant, service rendu, apporter du plaisir, amitié

DC satisfaction, joie, gratitude, émotion, tranquillité, soulagement

PT ne pas éprouver ….

DC être reconnaissant de l’action réalisée en sa faveur, exprimer de la gratitude, respect, montrer l’éducation, être redevable

DC Exprimer sa reconnaissance, être poli, respectueux, valoriser l’acte bienveillant

Comme l’illustrent les tableaux, les constructions sémantiques de REMERCIER en espagnol d’Espagne et du Mexique gardent une relation à la fois symétrique (concernant les noyaux) et asymétrique (relative aux stéréotypes).

D’une part, les éléments de signification du noyau sont identiques. X représente la personne qui remercie, Y la personne à qui l’on adresse les remerciements et P le « acte/dire » objet du remerciement. Ainsi, l’acte illocutionnaire AGRADECER surmodalise les valeurs modales : « X sait/croit P de Y, P est favorable à X donc X éprouve des sentiments positifs grâce à P/ pourtant X n’éprouve pas de sentiment donc X se sent parfois redevable à Y donc X peut dire 1 et 2 ». Ce schème sémantique s’abstrait donc comme « X vouloir dire à Y », prototype des prédicats de parole, qui correspond également avec la construction syntaxique de ce verbe à valeur performative impliquant un suj, un cod et un coi.

Néanmoins, la représentation des stéréotypes du niveau sémantique, id est de blocs de signification argumentative, liés à chaque attitude modale contenue dans le noyau relève d’une relation asymétrique. Ces irrégularités, nous pourrons les constater par la suite lors de l’analyse des réponses au test du discours déclaratif. Voyons, par exemple, les différents types de sentiments mobilisés lors de l’accomplissement de l’acte diffèrent dans les deux variantes de l’espagnol. De même, les dissemblances concernant la valeur modale « X peut dire 1 et 2 » cristallisent les conceptions divergentes relatives aux motifs qui déclenchent le remerciement. Cette dissymétrie relève essentiellement des attitudes modales déterminées par la culture et non pas par la langue, comme nous l’examinerons dans la suite.

La reconstruction des noyaux de l’acte d’AGRADECER, tant en espagnol d’Espagne que celui du Mexique (Figure 1), a été faite suivant le protocole de la SPA, c’est-à-dire à partir de l’analyse du discours déclaratif des jeunes étudiants espagnols et mexicains, qui a permis de construire des stéréotypes et des noyaux qui montrent les superpositions et les distinctions entre les deux. Dans les deux variantes de l’espagnol, nous pouvons trouver une représentation conceptuelle5 qui à premier abord semblerait presque identique. Cependant, nous allons trouver notamment des divergences au niveau de la représentation sémantique.

Figure 1. Représentation conceptuelle d’AGRADECER

Image1

 Ainsi donc, nous pouvons constater que les deux variantes linguistiques partagent la même matrice conceptuelle, cependant nous allons trouver que quelques concepts peuvent accorder une distinction sur le plan sémantique. Nous pouvons voir que même si nous parlons d’une même langue, il existe des spécifications propres à chacune dans le domaine cognitif6.

Premièrement, l’analyse des résultats pour le Test du Savoir Déclaratif fait ressortir l’existence de différences notables concernant la conceptualisation et les valeurs modales mobilisées de l’acte d’AGRADECER entre les locuteurs mexicains et espagnols. La première différence significative que nous avons constatée concerne les sentiments éprouvés par les étudiants enquêtés lors de l’accomplissement de cet acte de langage. Tandis que presque la totalité des locuteurs mexicains ont déclaré avoir expérimenté un sentiment positif associé au remerciement, seulement deux tiers des locuteurs espagnols témoignent d’un sentiment pareil7. De fait, les étudiants espagnols remarquent que l’existence d’un sentiment est notablement déterminée par des facteurs contextuels tels que la situation communicative et, peut-être, la personne remerciée. Contrairement, aucune remarque relative au contexte de l’interaction communicative n’est faite par les étudiants mexicains. Cette spécificité concerne déjà ce qui est susceptible de faire l’objet de remerciements. Dans le cas du Mexique, on remercie l’acte en soi, le bienfait apporté par l’action réalisée, le plaisir qui peut provoquer un cadeau et l’amitié qu’il existe derrière un acte bienveillant. Tandis qu’en Espagne, le fait de REMERCIER répond à une action positive reçue, à un service rendu, en fait, il est envisagé l’existence d’une action de la part de l’allocutaire qui favorise positivement le locuteur et qui déclenche le remerciement chez celui-ci.

Deuxièmement, en ce qui concerne les sentiments mobilisés par l’acte, les Mexicains veulent montrer la gratitude, la joie, l’émotion mais, en même temps, une tranquillité et un soulagement après avoir exprimé la reconnaissance à l’autre. En Espagne, en plus de vouloir montrer la gratitude et la joie, on trouve aussi des éléments comme l’obligation (le devoir remercier) et le soulagement (mission accomplie). Cependant, à différence des Mexicains, les Espagnols ont une spécificité, l’affection ; la valeur affective entre en jeu au moment de REMERCIER. De leur côté, la construction sémantico-conceptuelle de l’espagnol du Mexique fait surgir une primauté de soi. Les Mexicains remercient car, ils avouent en certains cas, toujours « devoir » REMERCIER. Mais, en même temps, nous constatons que le remerciement a pour but de prouver la politesse du locuteur. Il faut REMERCIER pour sauver la face, pour montrer qu’on est bien élevé et qu’on connaît les règles sociales. Pour les Espagnols, AGRADECER signifie exprimer la reconnaissance, exprimer un sentiment de gratitude, être respectueux, valoriser l’acte bienveillant ou le cadeau reçu. Pour les Mexicains, il s’agit aussi d’exprimer la reconnaissance en étant poli, respectueux et ainsi valoriser l’acte bienveillant. Ainsi donc, les différences repérées pourraient trouver leurs origines en ce que Galatanu & Bellachhab (2011), Bellachhab (2012) et Galatanu (2012) appellent une dissymétrie de saillance des spécifications caractérisant l’acte, dans ce cas de REMERCIER. Alors, les divergences centrales se trouvent au niveau des valeurs morales et affectives mises en jeu. Les Mexicains expriment le « devoir » REMERCIER comme un acte qui montre la politesse, la bonne éducation et qui permet d’avoir une bonne image de soi et de la transmettre aux autres. En revanche, les Espagnols remercient pour valoriser l’action effectuée par l’allocutaire, pour montrer la valorisation de l’acte et aussi l’affection qui peut se trouver à son origine.

Néanmoins, une possible incohérence est manifeste. Les réponses à la question 3 du TSD8 démontrent que aussi bien un 43% des locuteurs mexicains qu’un 36% des locuteurs espagnols enquêtés affirment ne pas avoir éprouvé de sentiment lors de l’acte de remerciement. Dans les deux variations de l’espagnol, nous trouvons que les sentiments ne sont pas toujours présents au moment de réaliser le remerciement. En ce qui concerne le sentiment de vassalité, nous avons pu constater que dans les deux cas la sensation d’être tributaire de celui de qui a réalisé l’acte bienveillant n’est pas présente de façon majoritaire (dans le deux cas à 60%), mais dans les réalisations linguistiques nous allons trouver le contraire. Cette incohérence s’explique surement par l’existence d’une automatisation de l’acte et d’un emploi de formules lexicalisées.

Ce principe axiomatique est réaffirmé par l’analyse des réponses à la question nº 6 concernant les motifs que les enquêtés imaginent qui déclenchent l’acte illocutionnaire du remerciement. Dans cette rubrique, 32% des étudiants mexicains signalent qu’ils remercient principalement pour être polis et parce qu’il faut REMERCIER. Ceci semble confirmer notre hypothèse initiale que les Mexicains conçoivent le remerciement comme un acte de courtoisie socialement imposé par des facteurs culturels. D’ailleurs, c’est assez significatif que 53% des Espagnols enquêtés manifestent que l’acte de remerciement vise, de leur part, à reconnaître une action positive. De ce fait, nous pouvons constater une fois encore que l’acte vise chez les Mexicains à la reconnaissance personnelle et sociale du « soi », tandis que pour les Espagnols il s’agit d’accorder leur grâce aux « autres ».

Nonobstant, malgré cette idéation préalable, la question 89 révèle que les motifs qui suscitent le remerciement sont finalement autres. 25% des étudiants mexicains affirment qu’ils remercient pour être polis. Le fait que 65% des étudiants espagnols affirment qu’ils remercient lorsque quelqu’un se conduit bien ou leur rend service mérite notre attention. D’ailleurs, 10% des enquêtés avoue REMERCIER de façon mécanique par convention sociale et, de même, un tout petit 3% le fait par compromis. Ceci confirme notre thèse qu’il existe une automatisation de cet acte de langage dont les locuteurs sont conscients.

Dans le but de trouver les possibles liens entre les représentations sémantiques et conceptuelles d’AGRADECER et les formes linguistiques servant à le réaliser, nous procéderons à repérer les expressions et formes qui sont à l’origine de cet acte. Nous cherchons à faire ressortir les motivations linguistiques ainsi que leur évaluation axiologique. Notre intention principale est donc de mettre en évidence des traits caractéristiques de l’acte d’AGRADECER et du potentiel d’effet illocutionnaire qu’il engendre. Partant de l’analyse des formes linguistiques, nous pourrons constater si la conceptualisation sémantique et conceptuelle se voit réalisée dans les formes linguistiques.

D’après notre approche sémantique de description d’AGRADECER, nous avons constaté que ce verbe renvoie à un ensemble d’attitudes modales subjacentes à l’intention communicative et à l’acte illocutionnaire de <vouloir>/<devoir> dire. Dans l’acte d’AGRADECER en espagnol, tant d’Espagne comme mexicain, agissent des valeurs morale, éthique déontique, hédonique, affective, esthétique et volitive. Nous avons pu retrouver ces valeurs dans le noyau d’AGRADECER, à l’exception de la valeur esthétique qui est présente dans les formes linguistiques directes et indirectes, surtout dans la modalisation d’énoncés.

Está bien chido. (affective/esthétique/hédonique)

¡Está increíble! (affective/hédonique/esthétique)

está bonito… (hédonique/affective/esthétique)

…hermosa (esthétique)

…tan bella (esthétique)

Ensuite, nous rendrons compte des quelques formes et expressions linguistiques repérées dans le TEST1 et qui réalisent l’acte d’AGRADECER dans les 8 situations de communication proposées par le protocole de recherche :

  • le verbe « AGRADECER » et le nom « agradecimiento » sont présents dans les deux corpus : Agradezco muchísimo… Te agradezco… se lo agradezco… es un agradecimiento… solo es un agradecimiento… en agradecimiento…

  • pareil pour le verbe modal vouloir au présent et au conditionnel présent : quiero agradecer… quiero agradecerle… quiero darle las gracias… quería darle las gracias… quería agradecerle…

  • marqueurs discursifs illocutionnaires porteurs de valeurs modales dans leur signification : muy amable… tan bella persona… hermosa… linda persona… tan considerada… te quiero… infinitamente… muchísimo… eres un cielo… te quiero…

Ces formes linguistiques sont présentes dans les deux noyaux sémantiques et conceptuels, il existe alors de la cohérence entre les noyaux sémantiques et conceptuels et les formes linguistiques proposées par les étudiants. Cependant, nous avons aussi détecté des réalisations linguistiques en décohérence avec les noyaux.

Dans le cas du sentiment de vassalité, mentionné auparavant, il existe des marqueurs discursifs qui témoignent le sentiment de dette qui n’est pas déclaré dans le test 2. Dans le corpus espagnol, nous avons saisi les formes suivantes :

Te debo una…Te debo una más… Te debo un gran favor… Estoy en deuda con usted… No sé cómo agradecerle… Te debo la vida… Te devolveré el favor… Mañana te invito una copa… Se lo tendré en cuenta…

Pour ce qui concerne le corpus mexicain :

Te debo una… Estaré en deuda contigo… Lo compensaré… Ya sabes, cuando necesites algo… Espero poder devolverle el favor… Te traeré algo lindo de Paris…Te traeré un recuerdito… Te traeré un gran presente.

L’analyse des formes linguistiques a fait ressortir d’autres éléments qui ne sont pas présents dans le discours déclaratif, à savoir :

  • la bénédiction : Diosito lo bendecirá… Va a ver que diosito lo va a ayudar… Dios lo bendiga… Au Mexique, le remerciement peut donc passer par la bénédiction et la religion.

  • Dans la situation 5, il semblerait que le jeune étudiant qui imagine la situation entre la mère et le fils ne peut pas concevoir que la mère doive REMERCIER le fils pour un service rendu. Dans cette situation en particulier, les formes linguistiques pour REMERCIER deviennent rares, voire inexistantes. Dans le corpus espagnol, nous avons saisie uniquement deux réalisations linguistiques : Gracias. (2 fois)… Gracias hijo mío, no esperaba menos. (1 fois). Le corpus mexicain nous en a fourni 4 : Gracias (2 fois), Gracias hijo (2 fois), Gracias ‘mijita’ (1 fois), Muchas gracias hija (1fois).

  • Pour ce qui concerne les situations où il y a un cadeau reçu, dans le deux corpus existent des actes indirects et des catégories transversales qui renforcent l’acte de REMERCIER.

Il semblerait que la relation sociale, comprise comme « la reconnaissance par les sujets du cadre où se déroule leurs échanges, de la façon qu’ils ont de se positionner l’un vis-à-vis de l’autre et de conduire leurs activités langagières » (R. Vion, 2009) influence le choix lexical de nos enquêtés. Le point de vue linguistique (exprimé par le choix des formes linguistiques), dévoile une posture énonciative qui prend en compte le cadre social de la situation de communication. La hiérarchie sociale paraît pousser les enquêtés à montrer leur positionnement social sur un plan linguistique. Selon Charaudeau (1995), nous pouvons distinguer deux types de positions : les rôles sociaux déterminés de l’extérieur et les rôles langagiers issus de la dynamique même de l’interaction.

L’analyse que nous avons menée pour cette étude nous a permis de constater que, aussi bien au niveau sémantique que conceptuel, il existe des différences entre les deux variantes de l’espagnol dans les représentations de l’acte de REMERCIER. Cependant, si bien les dissymétries concernant la représentation conceptuelle sont manifestes, nous pouvons vérifier que les réalisations linguistiques ne reproduisent pas ses différences.

Cela fait émerger, d’une part, les variantes qui font la différence entre les noyaux reconstruits et les formes linguistiques proposées : le positionnement social et la spécificité de la situation de communication. Ce cadre interactif sera déterminé par l’implicite socio-culturel qui passe par un « savoir » qui lui permet « d’adapter son comportement à l’idée qu’il (allocutaire) se fait du cadre dans lequel il fonctionne » (R. Vion, 2009). Il en résulte que c’est la représentation sociale du « soi » qui détermine l’acte de remerciement chez les Mexicains, le locuteur étant l’élément nucléaire de l’acte de langage. Alors que dans le cadre socioculturel espagnol, c’est l’« action » menée par l’allocutaire ainsi que les facteurs contextuels qui l’entourent ce qui est au cœur de la configuration de l’acte de REMERCIER. D’autre part, nous avons pu constater que certains éléments qui ne ressortent pas sur le plan de la représentation sémantique régissent également l’abstraction conceptuelle. Dans ce cas, la mécanisation de l’acte de REMERCIER et le figement des unités phraséologiques qu’y interviennent gouvernent l’adaptation du comportement de l’allocutaire.

Enfin, notre analyse ne constitue qu’une esquisse des valeurs modales mobilisées par AGRADECER. Sans doute, une étude plus approfondie à propos des engrenages qui participent de la mécanisation de l’acte serait-elle d’un grand intérêt, ainsi qu’une comparative des valeurs axiologiques en français et en espagnol.



Liste des références bibliographiques

BELLACHHAB, A. (2012) : Représentation sémantico-conceptuelle et réalisation linguistique. L’excuse en classe de FLE au Maroc, Bruxelles, P.I.E Peter Lang.

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Notes de bas de page


1 Le français, l’anglais, l’arabe, le chinois, le roumain, l’italien et le vietnamien et l’espagnol  d’Espagne et du Mexique.
2 Ou sémantique de l’interaction verbale proposée par Galatanu (2012).
3 Entendu comme « phénomène de modalisation discursive, qui inscrit dans le sens de l’énoncé produit une configuration d’attitudes modales qui sous-tendent l’intention illocutionnaire » (Galatanu 1997, 2000, 2011).
4 Concept entendu de façon général comme « le développement, par une unité lexicale ou grammaticale, d’un emploi stabilisé où elle ne participe plus à la construction d’un sens référentiel, mais marque une prise de position métadiscursive du locuteur » (cf. Dostie 2004 : 27).
5 Voir la proposition de représentation conceptuelle de l’acte S’EXCUSER de Bellachhab (Bellachhab, 2012)
6 Nous nous bringuons ici à l’analyse des réponses présentant des différences de conceptualisation dans les deux variantes géolinguistiques objet de notre étude.
7 Analyse issue des réponses à la question nº 1 du TSD : « ¿Experimentó usted algún sentimiento en particular ? ».
8 « Cuando agradece algo a alguien ¿le ha pasado que no siente nada? »
9 « Generalmente, ¿por qué razones agradece algo a alguien? »



Pour citer cet article


ALARCON CONTRERAS Monica et CORDEIRO PAREDES Natalia. Valeurs sémantiques de remercier en espagnol parlé au Mexique et en Espagne. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 13. Sens et identités en construction : dynamiques des représentations : 2ème volet, 30 juin 2014. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=3490. ISSN 1308-8378.




GSU   Ovidius   Turku   Nantes   Agence universitaire de la Francophonie
Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378